La République du Congo envisage de créer un véhicule de financements pour relever le secteur minier qui affiche relativement le taux d’activité le plus bas des six pays de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Tchad et Guinée équatoriale). Pour ce faire, Pierre Oba, ministre congolais des mines, a créé le Fonds d’investissements minier et débuté une tournée prospective pour attirer davantage d’investissements étrangers dans son secteur minier. Toute chose qui lui a permis de signer 3 accords de partenariats en 4 mois.
Il a paraphé un protocole d’accord avec son homologue algérien Mohamed Arkab, le 14 novembre dernier, pour renforcer la coopération technique dans les domaines de l’exploration minière et la gestion durable des ressources naturelles. Les deux pays vont ainsi développer des projets communs pour exploiter ses ressources minières notamment l’or, les minéraux rares et le marbre. Deux mois plus tôt, c’est avec la société chinoise China Gold qu’un accord de partenariat a été signé afin d’explorer et exploiter l’or congolais et en août 2024, le turc Ulsan Mining a conclu une convention minière pour exploiter pendant 25 ans le gisement de fer de Mayoko-Moussondji, jadis gérée par le groupe Sapro, du tycoon brazzavillois Paul Obambi.
0,06% du revenu du secteur extractif
Le membre du gouvernement ne donne pas plus de précisions sur le montant des investissements envisagés ou les champs d’exploitation ciblés mais l’on peut dire qu’il s’agit d’un vaste chantier pour le pays quand on sait que le secteur a représenté 0,06% du revenu du secteur extractif en 2021, selon l’ITIE du Congo. Des récentes données du ministère, les exportations minières ont généré moins de 10 milliards de Fcfa de revenus, soit 1% du gain total des exportations en 2021 contre 91 milliards de Fcfa chez son voisin direct la RDC malgré d’importantes réserves de potasse et de minerai de fer.
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En effet, l’on se rappelle qu’à cette période-là, de nombreux investissements avaient été réalisés dans le sens de booster le secteur minier du pays à l’instar du gisement de fer du mont Nabemba qui détenait des réserves prouvées de 517 millions de tonnes et dont l’entreprise qui l’exploitait [Congo Iron, filiale de l’australienne Sundance Resources] avait déclaré des investissements de 400 millions de dollars, environ 262 milliards de Fcfa, dans le développement de la phase une du projet. Un autre projet d'exploitation d'un gisement de potasse au village Mboukoumassi, dans le département du Kouilou avait été annoncé pour 2022 grâce à un investissement de 192 milliards de Fcfa de l’Etat et de la société chinoise Luyuan. Sans suite depuis lors.
Avec le lancement du Fonds d’investissement minier du Congo, le secteur minier va recevoir un souffle nouveau favorisant la diversification du secteur extractif, fortement dominé par l’activité pétrolière. Le ministre Pierre Abo vise dans ce sens des recettes de 29,3 milliards de Fcfa issus de l’extraction et la vente de gaz en 2024 et un relèvement d’au moins 1 point de l’activité minière à l’horizon 2025.
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A noter que, ces actions du gouvernement congolais entrent dans sa dynamique de croissance positive qui projette une évolution de l’économie nationale de 6,4 % en 2025, contre 5,3 % estimée pour 2024 selon le rapport sur les perspectives économiques publié par la Direction générale de l’économie (DGE). Une progression portée par une reprise notable des activités dans les secteurs pétrolier (+5,9%) et hors pétrole (8,7%).









