En 2024, le Gabon s’est imposé comme le principal pôle d’attraction du marché obligataire de la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), en captant 30,1% des volumes échangés, soit un peu plus de 28 milliards de FCFA. Une dynamique portée par l’intérêt constant pour les neuf emprunts souverains gabonais cotés sur la place boursière sous-régionale, dont : « EOG 6 % NET 2021-2026 », « EOG 6,25 % NET 2022-2028 », « EOG 6,25 % NET 2023-2028 », « EOG 6 % NET 2024-2027 », « EOG 6,5 % NET 2024-2029 », « EOG 7,5 % NET 2024-2031 », « EOG MT 6,60 % NET 2024-2027 », « EOG MT 6,75 % NET 2024-2028 » et « EOG MT 7 % NET 2024-2030 ». Ces titres, bien valorisés et bien notés, ont suscité un vif intérêt des investisseurs, consolidant le rôle du Gabon comme acteur clé dans la dynamique du marché obligataire régional.
Cette domination gabonaise s’inscrit dans un contexte globalement favorable au segment obligataire de la BVMAC. Selon le rapport de politique monétaire de la BEAC, le volume des transactions sur ce marché a connu une croissance significative en 2024. Ainsi, 9 011 236 obligations ont été échangées pour une valeur de 93,2 milliards de FCFA, contre 844 649 obligations représentant 8,4 milliards de FCFA en 2023. Cette dynamique traduit un regain d’intérêt pour les titres de dette publique et d’institutions régionales, alimentée par une meilleure transparence des émetteurs et des rendements compétitifs.
Derrière le Gabon, la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) occupe la deuxième place du classement avec 27,2 milliards de FCFA d’obligations échangées, soit 29,26% des transactions. L’institution sous-régionale est présente à travers six titres, notamment « BDEAC 5,45 % NET 2020-2027 » et « BDEAC 6,20 % NET 2024-2031 ». Le Cameroun suit avec 26,2 milliards de FCFA échangés (28,14%), tandis que le Tchad, avec ses emprunts souverains, concentre 12,01% des volumes, soit 11,1 milliards de FCFA.
Parallèlement à l’essor du marché obligataire, la capitalisation boursière globale de la BVMAC a progressé de 10,99% sur un an, passant de 1 562,9 milliards à 1 734,7 milliards de FCFA entre décembre 2023 et décembre 2024. Cette hausse s’explique par les nouvelles introductions de titres et la revalorisation de certains actifs déjà cotés. Ces signaux positifs traduisent une certaine maturité du marché et un intérêt croissant des investisseurs institutionnels.
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Toutefois, ce dynamisme observé en 2024 ne s’est pas maintenu au début de l’année en cours. Sur le premier trimestre 2025, la BVMAC affiche une contre-performance de -4,2%, contrastant avec la légère progression de 0,10% enregistrée sur la même période en 2024. La contre-performance du marché boursier est corrélée à celle des valeurs Socapalm, Safacam et SEMC. Le 28 mars dernier, Socapalm a clôturé à 43 000 Fcfa, soit une baisse de 6,5% par rapport à sa valeur début janvier. Safacam, l’autre franchise du groupe luxembourgeois, est sur la même cadence avec une performance négative de -4,9% sur les trois premiers mois de l’année. Après avoir renoué avec les dividendes en 2023, SEMC, la filiale du groupe Castel en charge de la production d’eau minérale au Cameroun, a terminé le premier trimestre en baisse de 4,2%.
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