Le 7 mai dernier, la Banque mondiale a approuvé un décaissement de 200 millions de dollars singapouriens, soit environ 154 millions de dollars US (89,3 milliards FCFA) pour lancer la première phase du Programme de sécurité de l’eau au Cameroun. Ce financement, a appris EcoMatin, marque le début d’une approche programmatique à phases multiples (MPA) visant à améliorer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement, en particulier dans les régions les plus vulnérables du pays. A en croire l’institution financière internationale, « l'objectif global du programme est de renforcer les institutions, améliorer la gestion des ressources en eau et accroître l'accès aux services d'eau et d'assainissement dans certaines régions du Cameroun ».
Le programme, d’une enveloppe globale de 950 millions de dollars singapouriens (environ 424,2 milliards FCFA), est structuré sur trois phases et s’étendra sur 11 ans. Outre la première phase, dont le financement est désormais débloqué, viennent ensuite la deuxième phase, prévue pour un montant de 400 millions de dollars singapouriens (178,6 milliards FCFA), et la troisième phase, avec 350 millions de dollars singapouriens (156,2 milliards FCFA) attendus. Ce programme vise à combler les écarts importants dans l’accès à l’eau potable, notamment en milieu rural, et à soutenir l’assainissement dans les zones défavorisées.
Le projet répond à une problématique urgente : l'accès limité à l'eau potable dans certaines régions du Cameroun. En effet, « le Cameroun est encore loin de ses cibles à l'horizon 2030 qui sont de porter l'accès à l'eau potable à 77% et l'accès à l'assainissement à 56 % en milieu rural », déclarait Cheick F. Kanté, le directeur de division pour le Cameroun. La première phase du programme est donc cruciale pour renforcer les capacités institutionnelles en matière de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et pour accroître l’accès aux services d’eau et d’assainissement dans les zones prioritaires du pays.
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La mise en œuvre de ce programme est un enjeu stratégique pour le gouvernement camerounais, qui compte sur cette initiative pour améliorer la gestion des ressources en eau et renforcer les structures de service public. En particulier, le MPA vise à renforcer les cadres institutionnels de la GIRE et de la fourniture des services en eau, tout en prévoyant un programme de financement des phases ultérieures. Les régions ciblées incluent les zones rurales et semi-urbaines des trois régions septentrionales du pays (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord), ainsi que les grandes métropoles de Yaoundé et Douala.
A terme, le programme de sécurité de l’eau au Cameroun devrait fournir de l'eau potable à environ 3,9 millions de personnes et des services d'assainissement à 2,9 millions de personnes. « Il appuiera une approche systématique et structurée du renforcement des capacités et des connaissances afin d'encourager l'efficacité, de promouvoir la viabilité financière et de stimuler la transformation du secteur de l'eau et soutiendra également la transformation de la compagnie des eaux (Camwater) afin d'améliorer la prestation de services d'eau à ses clients, » conclut la Banque Mondiale.



