Au Cameroun, un scandale financier éclabousse Tradex SA, distributeur majeur de produits pétroliers. Selon le journal spécialisé sur l'actualité juridico-judiciaire Kalara du 1er octobre 2025, un détournement estimé à 2 milliards FCFA implique un ancien cadre informaticien de l’entreprise ainsi que 14 gérants de stations-service. Au cœur de l’affaire, l’usage frauduleux des Trad’Card, cartes électroniques destinées aux clients, mais qui auraient servi à siphonner les caisses de la société. « Le scandale en question concerne l’usage frauduleux des Trad’Card une sorte de porte-monnaie électronique mis au point par la société Tradex SA pour les consommations en pétroliers de certains de ses clients, mais qui aurait servi à faire perdre de l’argent à l’entreprise de distribution de produits pétroliers », peut-on lire dans le journal.
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Selon Kalara, l’affaire, actuellement pendante devant le Tribunal criminel spécial (TCS) de Yaoundé, remonte à février-mars 2021. C’est lors des travaux d’établissement de la déclaration statistique et fiscale que la direction financière de Tradex a constaté un écart significatif sur la ligne dédiée aux consommations Trad’Card, ce porte-monnaie électronique mis en place par l’entreprise.
Une enquête interne, menée conjointement par les directions financière et informatique, a révélé des pertes proches de 2 milliards FCFA. Elle a rapidement mis en cause l’ancien responsable informatique de la représentation de Tradex dans les régions du Centre, du Sud et de l’Est. Selon les conclusions, ce dernier aurait récupéré des Trad’Card hors d’usage entreposées au bureau de Yaoundé, qu’il réactivait en y créditant fictivement de l’argent, avant de les remettre en circulation avec la complicité de plusieurs gérants de stations-service. « Avec ses prérogatives professionnelles de chef de service informatique, il créditait de façon fictive de l’argent dans les cartes en sa possession avant de les remettre en circulation en s’appuyant sur certains responsables des stations-service », détaille-t-on dans l’article.
L’instruction judiciaire fait état d’une carte frauduleuse unique ayant permis à elle seule de siphonner 795 millions FCFA. D’autres cartes, dont certaines au nom de l’ancien administrateur de Tradex et cadre de la SNH, Bernard Bayiha (décédé en 2021), auraient également été utilisées, notamment à la station Tradex Ahala, parfois pour des montants allant jusqu’à 7 millions FCFA par opération.
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Toutefois, l’origine exacte des détournements reste floue : s’agissait-il d’argent liquide ou de carburant ? Devant le TCS, Jean Ondo Nguema, ex-gérant de la station Tradex Bastos, a soutenu que les cartes servaient bel et bien à des consommations réelles de carburant, et non à des sorties directes de fonds destinées à alimenter le réseau de fraude piloté par Salihou Balarabe.
Rappelons que Tradex SA est une filiale de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), actionnaire principal qui détient 54% de son capital social. Ce qui implique que la SNH étant une structure publique donne la possibilité au TCS de considérer que les biens volés de Tradex SA à travers les Trad’Card sont par conséquent des biens publics. D’où les chefs d’accusations de détournements publics et coaction de détournements publics contre les 15 responsables de la société. Certains des accusés sont déjà passés devant le TCS tandis d’autres sont en fuite. La prochaine audience aura lieu le 9 octobre prochain.

