Plus de 600 milliards de Fcfa. C’est le montant que l’Etat du Cameroun a mobilisé en 2 ans (2023 et 2024) dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord (Psrdren) en proie à crise sécuritaire depuis 2014. Le chiffre a été révélé ce 20 février 2025 par Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais de l’Economie, la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minépat) par ailleurs président du Comité de pilotage du Psrdren.
Les fonds déjà mobilisés représentent 33% de l’enveloppe nécessaire pour la mise en œuvre dudit programme qui d’après le Minepat se situe autour de 1 822 milliards de Fcfa dont 1 587 milliards de Fcfa destinés au développement des infrastructures et environ 100 milliards de Fcfa pour financer l’appui aux activités socio-économiques, l’adaptation aux changements climatiques et la gouvernance. C’est dire que le gouvernement de Yaoundé devrait encore lever une enveloppe de plus de 1 222 milliards de Fcfa pour réaliser ce plan.
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Parmi les projets déjà réalisés (ou en cours de réalisation) avec le concours des 600 milliards de Fcfa mobilisés, le membre du gouvernement énumère : la construction du pont sur le Logone entre Yagoua au Cameroun et Bongor au Tchad (46 milliards de Fcfa) et les travaux de la route Mora-Dabanga-Kousseri financés à hauteur de 236 milliards de Fcfa par la Banque mondiale. Le même bailleur de fonds finance le projet Viva-Logone dans le département du Mayo Danay pour environ 120 milliards de Fcfa, et 30 milliards de Fcfa pour le projet Prolac dans le Logone et Chari, l’un des 6 départements que compte l’Extrême-Nord.
Il convient de souligner que le Programme de reconstruction de la région de l’Extrême-Nord s’exécute non seulement grâce à l’appui des bailleurs de fonds, mais aussi de ressources internes ordinaires à l’instar des allocations spéciales prévues dans la loi de finances et destinées aux zones déclarées économiquement sinistrées (Extrême-Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest). « Pour mener à bien ce programme, le cadrage financier prévoit : la contribution des départements ministériels à hauteur de 355 milliards de Fcfa, l’apport prévisionnel du plan spécial présidentiel à hauteur de 100 milliards de Fcfa entre 2023-2027 et la contribution des partenaires techniques et financiers au développement évaluée à 965 milliards de Fcfa. Ce qui porte à 1 321 milliards de Fcfa les prévisions de ressources à cet effet », a détaillé le ministre Alamine Oumane Mey.
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Pour mémoire, ce Programme a été créé le 24 mai 2022 par décret du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Ses principales missions sont : assurer la reconstruction des infrastructures détruites par Boko Haram (groupe terroriste, Ndlr) et achever les chantiers abandonnés ; développer les infrastructures pour assurer la relance des activités socioéconomiques ; accompagner les populations pour le développement de leurs activités socioéconomiques et renforcer la résilience aux changements climatiques.








