À fin 2024, les 19 banques en activité au Cameroun totalisaient dans leurs livres, 8 351,6 milliards FCFA de dépôts de la clientèle, selon les données du Comité national économique et Financier (CNEF) consultés par EcoMatin. Ce volume, qui représente 27,3% du PIB nominal du pays, a connu une croissance de 8% par rapport à l’encours au 31 décembre 2023. Rapportées aux crédits (6 060,2 milliards FCFA), les banques camerounaises affichent un pourcentage d’intermédiation de 72,5 % et un ratio de transformation à long terme de 33,8%.
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Les particuliers et les ménages représentent une part significative de ces dépôts avec une contribution de 35,08%, soit près de 3 000 milliards FCFA contre environ 2 575 milliards FCFA un an en arrière. Cela traduit une certaine confiance vis-à-vis des institutions bancaires et une volonté à épargner leurs revenus. Toutefois, les entreprises privées occupent le premier rang avec 36,08% du total des dépôts.
Chute de 33% pour les DAT
D’un point de vue quantitatif, la collecte de l’argent auprès des ménages et des entreprises détentrices de liquidités a certes progressé mais qualitativement, elle a pris un coup. Selon les données du CNEF, les dépôts à terme (DAT), propices pour financer l’investissement sur le long terme, ont replié de 33% en un an pour s’établir à 824,2 milliards FCFA. Par contre, les dépôts à vue (non rémunérés) ont connu un bond annuel de près de 1 000 milliards FCFA et représentent 84,31% du portefeuille de dépôt au 31 décembre 2024. Dans cette catégorie, on note que les comptes courants captent le plus de ressources (45,5%) suivi des comptes sur livret, des comptes chèques et des dépôts de garantie. Les dépôts à régime spécial (bons de caisse, certificats de dépôts, plans épargne-logement, plans d’épargne-retraite…) représentent 485,9 milliards FCFA, soit 5,82% du total.
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Les comptes à vue permettent aux clients d’effectuer leurs opérations financières quotidiennes (paiement, virement, retrait), ce qui pour les banques ne constitue pas forcément une plus-value dans le cadre de leur activité d’intermédiation. Ça peut signifier que les instruments de conservation de l'épargne sur le long terme proposés par les banques ne sont pas assez rentables ou adaptés aux besoins des clients. Une enquête réalisée en 2022 par le CNEF montre que les banques camerounaises font preuve d’opacité vis-à-vis de leurs clients en ce qui concerne la rémunération de l’épargne. L’institution indique que plusieurs banques font signer à leur client des conventions d’ouverture de compte d’épargne sans préciser les modalités de calculs des intérêts qu’ils doivent percevoir. Des pratiques qui participent la « réduction de la rémunération à verser à l’épargnant », ce qui peut justifier le désintérêt aujourd’hui observé.
Afriland conserve son leadership
Par type d'acteurs, Afriland First Bank est le leader sur le segment des dépôts avec 1 557 milliards FCFA d'encours, soit une part de marché de 18,65%. L’établissement de crédits à capitaux majoritairement locaux comptabilise 854,56 milliards FCFA issue des ménages, ce qui traduit un ancrage assez important auprès du grand public. Afriland a également une forte exposition sur les entreprises privées et moins sur l’administration publique. À l’inverse, Société Générale et AFG Bank (ex Banque Atlantique), respectivement 2e et 3e sont plus beaucoup offensifs auprès des entreprises privées qui représentent 45,5% et 42% de leur portefeuille.








