Au Cameroun, le collectif budgétaire qui modifie et complète certaines dispositions de la loi de finances adoptée le 19 décembre 2023 pour le compte de l'exercice 2024, a révisé le budget de plusieurs départements ministériels. Ainsi, certains ont vu leur budget augmenter, d’autres revus à la baisse tandis qu’une catégorie est restée constante.
Une première sur les quatre dernières années, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) qui dans la loi de finances initiale bénéficiait de 539,2 milliards de Fcfa, s’est vu doter le plus gros budget de l'exercice 2024 à la somme de 556,7 milliards de Fcfa dans la loi de finances rectificative. Ceci après 366,9 milliards (2021), 439,3 milliards (2022) et 477 milliards de Fcfa en 2023. Avec un ajustement de 17, 4 milliards de Fcfa (+3,2%), le Minesec obtient ainsi la plus grosse enveloppe budgétaire pour le compte de l’exercice en cours, devant le ministère des Travaux publics (Mintp).
D’après la loi de finances rectificative, près de la moitié du budget du Minesec (264,8 milliards de Fcfa) sera allouée à l’amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages ; 120,5 milliards de Fcfa pour accroître l’accès aux enseignements secondaires et 53,8 milliards pour « la gouvernance et la gestion optimale des ressources », apprend-t-on sans plus de détails.
Le Mintp qui a très souvent bénéficié de la plus grosse allocation, a été relégué à la deuxième place du fait d’un ajustement de 33,7 milliards de Fcfa de son budget établi désormais à 535,3 milliards de Fcfa contre 569,1 milliards de Fcfa au départ. Son principal challenge demeure celui de construire les routes afin d’améliorer le linéaire national bitumé évalué à 10 225,58 km sur un total de 121 873 km soit à peine 9%.
La 3ème place revient au ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee) avec 351,2 milliards de Fcfa dont le budget a progressé de 33,5 milliards (+10%). Si l’on s’en tient à l'ordonnance du chef de l’Etat, le principal défi du Minee en 2024 c’est de produire de l’énergie en quantité suffisante au profit tant des ménages que des industries dans un contexte où la capacité installée se situe à moins de 2000 MW contre des prévisions de 5 000 MW en 2030.
Le besoin financier à cet effet est de 210,9 milliards de Fcfa. Dans un contexte où le statisticien camerounais (INS) note une disparité entre le taux d’accès à l'électricité en zone urbaine (84%) contre 28% pour les zones rurales, l’Etat camerounais consent 41,1 milliards de Fcfa pour accroître l’accès à ce facteur de production. Il en est de même pour l’eau potable où 56,6 milliards de Fcfa sont budgétisés pour notamment améliorer le taux de desserte.
Le ministère de la Défense (335,4 milliards de Fcfa) obtient le 4ème plus budget suivi du ministère de l’Education de Base (297, 3 milliards de Fcfa), le ministère de la Santé publique (257,7 milliards de Fcfa) et le ministère de l’Habitat et du développement urbain qui se vit octroyer une enveloppe budgétaire de 139,2 milliards de Fcfa en 2024 malgré un ajustement de 9,2 milliards. A l’observation la part de ces 6 ministères représente 2 215,1 milliards de Fcfa soit 30,5% du budget global.
Dotation à l’éducation inférieure à 20%
Malgré une légère hausse du budget de la plupart des départements ministériels en charge de l’éducation, l’enveloppe dédiée à ce secteur s’annonce inférieure au minimum de 20% du budget de l’Etat que recommande la norme internationale prescrite par l’Unesco. En effet, les Enseignements secondaires (556,7 milliards), l’Education de Base (297, 3 milliards), l’Enseignement supérieur (81,7 milliards), l’Emploi et la formation professionnelle (28,8 milliards de Fcfa), Sports et éducation physique (25 milliards), ministère de la Jeunesse et de l’Education civique (26,7 milliards de Fcfa) ne cumulent que 1 016,2 milliards de Fcfa soit les 14% du Budget de l’Etat du Cameroun revu à 7 278,1 milliards de Fcfa pour le compte de l’exercice 2024.








