La masse salariale de l'État centrafricain continue de prendre du poids dans l'exécution budgétaire. Au premier semestre 2026, les dépenses de personnel ont atteint 68,41 milliards de FCFA sur une prévision annuelle de 114,15 milliards, soit un taux d'exécution de 59,93 %. Autrement dit, près de 60 % de l'enveloppe annuelle destinée aux rémunérations des agents publics avait déjà été consommée à fin juin, contre un repère théorique de 50 % à mi-parcours de l'exercice. Cette dérive est d'autant plus préoccupante que la masse salariale a progressé de 17,21 % par rapport au premier semestre 2025.
Le rapport d'exécution budgétaire du deuxième trimestre, que vient de publier le ministère des Finances et du Budget, explique cette hausse par la prise en charge d'une vague de nouveaux intégrés dans la fonction publique.
Mais le poids de ces dépenses apparaît surtout au regard des recettes intérieures : les salaires des fonctionnaires ont absorbé environ 81 % des recettes fiscales et douanières mobilisées à fin juin. Le contraste est saisissant si l'on analyse les autres postes budgétaires.
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Les dépenses de biens et services n'affichent qu'un taux d'exécution de 35,94 %, tandis que l'investissement sur ressources propres demeure à 33,07 %. Les dépenses financées sur ressources extérieures, elles, s'établissent à 37,69 %, tandis que les dépenses sociales ne s'élèvent qu'à 33,08 %. La forte progression des charges de personnel contribue ainsi à un déséquilibre marqué dans l'exécution des différents titres budgétaires, que le ministère des Finances et du Budget invite implicitement à surveiller.
Des recettes mieux orientées
Pour autant, le tableau des recettes est globalement mieux orienté. Les ressources budgétaires mobilisées au premier semestre se sont établies à 166,08 milliards de FCFA, en hausse de 28,96 % sur un an, pour un taux de réalisation de 45,08 %. Les ressources propres ont, elles, totalisé 109,80 milliards de FCFA, dépassant le rythme théorique de mi-année avec un taux de mobilisation de 53,10 %, et ont progressé de 17,67 % par rapport à la même période de 2025. Cette performance est portée, notamment, par les impôts, dont les recouvrements se sont élevés à 43,61 milliards de FCFA, soit 55,20 % de l'objectif annuel, en hausse de 25,77 % sur un an. Les douanes, elles, ont mobilisé 35,11 milliards de FCFA, en progression de 9,87 %, mais avec un taux de réalisation plus faible, de 46,32 %. Le Trésor a, de son côté, collecté 31,08 milliards de FCFA, soit 59,77 % de son objectif annuel.
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Ressources extérieures et rythme des paiements : les points de vigilance
Le principal point noir reste la mobilisation des ressources extérieures. À 56,28 milliards de FCFA, celles-ci n'atteignent que 34,82 % des prévisions annuelles de 161,63 milliards de FCFA. Dans le même temps, les appuis budgétaires ne représentent que 6,37 milliards de FCFA et les appuis aux projets 49,91 milliards de FCFA. Leur faible niveau de mobilisation par rapport aux prévisions contraste toutefois avec une progression annuelle de 58,67 %, qui reste le principal moteur de la hausse globale des ressources budgétaires.
Au total, les charges budgétaires ordonnancées se sont chiffrées à 179,47 milliards de FCFA, générant un déficit budgétaire global de 13,39 milliards de FCFA et un déficit primaire de 8,88 milliards de FCFA. La situation de trésorerie ressort toutefois excédentaire de 8,37 milliards de FCFA, grâce à des ressources de trésorerie de 82,58 milliards de FCFA ayant couvert 74,21 milliards de FCFA de charges.
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L'autre contre-performance concerne le rythme effectif de règlement des dépenses : seulement 13,97 % des crédits ouverts avaient été payés à fin juin, soit 57,31 % des dépenses engagées. Entre la pression croissante de la masse salariale, la faible mobilisation des financements extérieurs et les retards dans l'exécution effective des dépenses, le ministère des Finances et du Budget de la République centrafricaine voit s'accumuler plusieurs motifs de vigilance pour le second semestre.














