En République centrafricaine (RCA), la masse salariale a atteint 34,16 milliards FCFA au premier trimestre 2026, en baisse de 20,53 % par rapport à la même période en 2025. Selon un rapport du ministère des Finances et du Budget de ce pays de la CEMAC, cette hausse se justifie par « la prise en charge salariale des fonctionnaires nouvellement recrutés dans la fonction publique ».
Comparées aux prévisions annuelles de 114,1 milliards FCFA, ces dépenses de personnel affichent un taux d’exécution de 29,93 %, au-dessus de la cible intermédiaire de 25 % pour la période sous revue. Rapportés au ratio de soutenabilité de la masse salariale, les salaires de Bangui à fin mars 2026 absorbent désormais 85 % des recettes fiscales et douanières, ressorties à 40,4 milliards FCFA au cours du premier trimestre. Cette tendance accentue la dérive déjà observée à fin 2025, où les dépenses de personnel captaient 83,1 % des 140,1 milliards FCFA de recettes propres, soit plus du double du plafond communautaire de la CEMAC qui limite strictement ce ratio à 35 %.
Cette progression des salaires a contribué à la hausse globale des charges budgétaires, qui ont atteint 66,6 milliards FCFA à fin mars 2026 (+5 %). La même tendance haussière est observée sur les transferts et subventions, qui passent de 13,5 milliards FCFA au premier trimestre 2025 à 14,4 milliards de FCFA à fin mars 2026, tandis que les dépenses en biens et services reculent de 23,2 % pour s'établir à 6,3 milliards FCFA.
Du côté des recettes, on note un léger repli global à 64,3 milliards FCFA, soit 700 millions seulement en moins. À l’observation, Bangui n’a bénéficié d’aucun appui budgétaire du FMI au cours de cette période, contrairement à l’enveloppe de 8,6 milliards FCFA reçue au premier trimestre 2025. De plus, les appuis aux projets ont fléchi de 1,1 milliard de FCFA pour se limiter à 10,1 milliards FCFA. Pourtant, les recettes fiscales et douanières ont bondi de 26 % en un an. Résultat des courses, la RCA entame l’année avec un excédent budgétaire de 2,3 milliards FCFA, alors que les prévisions tablent sur un déficit de 27,9 milliards FCFA pour l’exercice 2026.













