A fin septembre 2024, la dette publique de l’Etat du Cameroun s'élève à 13 504 milliards de Fcfa. Selon la Note de conjoncture de la Caisse autonome d'amortissement ( CAA) ; l’organe étatique en charge de la gestion de la dette, cet encours en hausse de 719 milliards de Fcfa (+5,6%) par rapport à la même période en 2023 « représente 44,0% du PIB » contre 43,9% en glissement annuel. Malgré cette légère hausse du niveau d’endettement, la viabilité reste au vert pour ce pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) où le plafond de 70% est fixé dans le cadre des critères de convergence. Sur le triennat 2025-2027, le gouvernement prévoit de maintenir ce ratio à 50%, bien en deçà du seuil réglementaire. Ce qui présege une croissance du PIB (4,4% en 2025 et 4,7% en 2027) moins rapide que le niveau de la dette.
En effet, indique la CAA, la dette publique est constituée de « 93,9% de dette de l’Administration centrale, 6 % de dette des entreprises et établissements publics, et 0,1% de dette recensée des Collectivités territoriales décentralisées ». La dette extérieure établie à 8 596 milliards de Fcfa représente 65,7% de la dette globale alors que la dette intérieure occupe 30,2%. Au cours des trois prochaines années, le Cameroun entend davantage privilégier la dette extérieure en lui réservant un portefeuille de 75% contre 25% pour la dette domestique. Au 30 septembre 2024, la dette extérieure est détenue à 31,4% de la dette totale (4 244 milliards de Fcfa) par les partenaires multilatéraux, 22% (2 968 milliards de Fcfa) pour les bilatéraux et et 10,2% (1 384,1 milliards de Fcfa) quant aux partenaires commerciaux.
En ce qui concerne la dette multilatérale, elle est dominée par le Groupe de la Banque mondiale (BIRD et IDA) avec un encours total de 1 705,1 milliards de Fcfa, suivi du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD et FAD) d’un encours de dette, de 1 068,5 milliards de Fcfa. En baisse de 7,4% en glissement annuel, la principal créancier au niveau bilatéral reste la Chine avec un encours de 1 923,4 milliards de Fcfa, soit 64,8% de la dette bilatérale et 22,4% de la dette extérieure, ainsi que la France, dont l’encours de la dette est évalué à 768,3 milliards de Fcfa, soit 25,9% de dette bilatérale et 8,9% de dette extérieure. La dette commerciale pour sa part a bondi de 38,9% en glissement annuel « principalement en raison de l’émission d’un emprunt par placement privé en juillet dernier, destiné à réduire les Restes à Payer de plus de 3 mois », apprend-t-on.



