La Coopération allemande, à travers son programme WIDU, a engagé 3,96 millions d’euros, soit près de 3 milliards FCFA en faveur de 2 200 micros et petites entreprises camerounaises. L’objectif : stimuler la production locale et réduire la dépendance aux importations, dans un contexte où l’industrialisation peine à se développer en raison d’un tissu productif peu diversifié et de chaînes de valeur fragiles.
Depuis son lancement au Cameroun en novembre 2020, le projet WIDU, mandaté par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ, combine appui financier et accompagnement technique. Le schéma est simple : chaque projet reçoit 2 500 euros de subvention allemande, complétés par 1 250 euros investis par l’entrepreneur et 1 250 euros apportés par un membre de la diaspora camerounaise. À ce jour, au-delà des 3,96 millions d’euros débloqués par la Coopération allemande, entrepreneurs bénéficiaires et diaspora ont mobilisé 3,55 millions d’euros supplémentaires, soit près de 2,4 milliards FCFA.
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Les retombées économiques de ces financements sont tangibles. Selon les données du programme, 4 300 emplois ont déjà été créés ou maintenus, dont 47% occupés par des femmes. De même, près de la moitié des 2 200 entreprises bénéficiaires sont dirigées par des femmes, signe d’une dynamique entrepreneuriale féminine en progression. Les financements, couplés à un accompagnement en gestion, marketing et transformation numérique, ont permis aussi d’augmenter significativement les revenus des porteurs de projets, selon une évaluation d’impact menée sur deux ans.
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Ainsi, derrière les chiffres, plusieurs success stories illustrent le potentiel des jeunes entrepreneurs locaux. À Douala, Yeulah, une PME qui produit des saucissons de poisson, a porté son chiffre d’affaires à 1,8 million FCFA grâce à l’appui reçu depuis janvier 2025. Sa promotrice, Astrid Ide Nfongmo a d’ailleurs remporté le Prix Castel 2025, grâce à ce produit commercialisé dans certaines grandes enseignes du pays. A l’image de Yeulah, Akuah, PME basée à Yaoundé et spécialisée dans les produits naturels, a aménagé un site plus grand et affiche désormais 3 millions FCFA de revenus annuels. Dans l’industrie, KDF Color, productrice de craies locales, a renforcé ses capacités avec une nouvelle salle de séchage et une douzaine d’employés, pour un chiffre d’affaires de 2 millions FCFA. Autant d’initiatives qui, au-delà des trajectoires individuelles, incarnent un mouvement de fond : la montée en puissance d’un tissu productif local soutenu par la coopération internationale et la mobilisation de la diaspora.
Réduire la facture annuelle des importations
Cette intervention s’inscrit dans la stratégie nationale d’import-substitution, lancée par le gouvernement pour réduire une facture annuelle d’importations estimée à plus de 4 999 milliards FCFA en 2024 selon "le Rapport sur l'économie camerounaise en 2024", dont une part importante concerne des biens de consommation transformables localement. Mais si l’appui allemand démontre l’impact des financements ciblés, il souligne aussi l’ampleur des besoins. Selon la "Stratégie régionale d’inclusion financière dans la Cemac 2025-2029" publié en février dernier par la BEAC, le déficit de financement des micros, petites et moyennes entreprises a atteint 8,7 milliards de dollars au Cameroun, soit près de 5 529 milliards FCFA.








