Les banques pèsent désormais plus que l’extraction pétrolière et gazière dans la création directe de richesse au Cameroun. En 2025, leur valeur ajoutée s’est établie à 786,4 milliards FCFA, légèrement au-dessus des 782,1 milliards générés par les hydrocarbures, selon les nouveaux comptes nationaux de l’Institut national de la statistique (INS). Ce basculement est spectaculaire au regard de la situation un an plus tôt. En 2024, les hydrocarbures généraient encore 1 017,5 milliards FCFA de valeur ajoutée, contre 719,3 milliards pour les banques et organismes financiers. En un an, la première a donc chuté d’environ 23 %, tandis que la seconde progressait de plus de 9 %. Sur la série publiée par l’INS depuis 2020, jamais les activités financières n’avaient dépassé l’extraction pétrolière.
Ce changement intervient après plusieurs années de forte expansion du secteur bancaire camerounais. Les dépôts collectés par les banques sont passés de 5 399 milliards de FCFA en 2020 à 9 147 milliards en 2025, soit une progression de 69,4 % en 6 ans. Le produit net bancaire (PNB), qui mesure les revenus tirés de l’activité des établissements, est passé de 422,1 milliards à 708,7 milliards de FCFA entre 2020 et 2024, tandis que les bénéfices cumulés des banques ont été multiplié par 2,5, passant de 81,8 milliards à 208,6 milliards FCFA sur la même période. Ces évolutions ont en partie été soutenus par l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché notamment, l’équato-guinéen Bange Bank, le nigérian Access Bank et même le passage de la microfinance La Régionale Bank en établissement bancaire.
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Le pétrole a perdu plus de la moitié de sa valeur ajoutée en trois ans
De l’autre coté, la valeur ajoutée nominale de l’extraction d’hydrocarbures avait atteint 1 698 milliards FCFA en 2022. Elle n’en représente plus que 782 milliards trois ans plus tard, soit une chute de 54 %. En volume, l’activité extractive a encore reculé de 6,6 % en 2025, après -9,7 % en 2024. L’INS attribue cette tendance notamment au vieillissement des champs pétroliers et à l’insuffisance des investissements d’exploration en amont.
Les industries agroalimentaires, dont la valeur ajoutée atteint environ 2 505 milliards de FCFA, pèsent désormais plus de trois fois l’extraction d’hydrocarbures et ont encore progressé de 3,6 % en volume en 2025. Du côté de la demande, le principal moteur reste toutefois la consommation. Les dépenses des ménages ont progressé de 4,9 % et apporté 3,6 points à la croissance, davantage que les 3,5 % finalement enregistrés par l’économie.
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