Le portefeuille des prêts accordés par les banques en activité au Cameroun aux agents économiques a culminé à 6 060,2 milliards FCFA au 31 décembre 2024, selon les données du marché consultées par EcoMatin. Ce volume est en hausse de 12% (environ 600 milliards FCFA) si on le compare à l’encours de crédits à la même période un an en arrière, ce qui témoigne d’une certaine vitalité du marché malgré une politique monétaire plus rigide en amont mené par la Banque centrale.
AFG Bank Cameroun, meilleure performance
Le document n’explique pas les raisons de cette progression, mais la répartition du portefeuille permet de se faire une idée sur les banques les plus dynamiques. Leader du secteur avec une part de marché de 22,8%, Afriland First Bank a terminé l’année avec 1 382,5 milliards FCFA d’encours, soit une progression annuelle de 11,3%. La banque à capitaux majoritairement locaux a renforcé son exposition auprès des entreprises privées, des particuliers et de l’administration publique. Les meilleures performances reviennent toutefois à AFG Bank Cameroun (ex-Banque Atlantique) et à CCA Bank. La filiale du groupe ivoirien a ajouté 180 milliards FCFA à son portefeuille de prêts en 2024, devançant SCB et BICEC au classement des banques en termes d’octroi de crédit. Quant à CCA-Bank, son encours a progressé de près de 100 milliards FCFA en 12 mois pour s’établir à 381 ,5 milliards FCFA.

Un élément qui peut également expliquer la croissance du portefeuille du crédit en 2024 est l’intégration des données de La Régionale Bank (31,6 milliards FCFA) et Africa Golden Bank (1,3 milliards FCFA) qui, en 2023, n’étaient pas prises en compte. L’Équato-Guinéen Bange Bank a le ratio de transformation des ressources le plus élevé, soit 93,47%. À contrario, plusieurs établissements ont réduit leur niveau d’exposition. C'est le cas des filiales de grands groupes bancaires comme SCB, BICEC, et même Ecobank.
Les entreprises privées restent dominatrices
Vu des bénéficiaires, les données du marché permettent de constater que les banques camerounaises ont renforcé leur exposition auprès des sociétés privées. Ces dernières pèsent près de 57,5% dans le portefeuille global. La part des entreprises dites « individuelles » a également évolué à 5,5% de même que celle des particuliers à 22,35% (contre 21,5% un an plus tôt).

Par contre, on note un repli des financements accordés à l’État et ses démembrements. L’administration publique (centrale et locale) pèse moins de 4% dans le portefeuille tandis que la dette des entreprises publiques vis-à-vis du secteur bancaire a légèrement reculé (-1,7%) pour s’établir à 622 milliards FCFA. La catégorisation par type d’entreprises (PME et grandes entreprises) n'est pas précisée dans le document exploité encore moins les taux d’intérêts moyens par type de maturité.
Les prêts pour l’investissement restent marginaux
Par type d’échéance, les crédits bancaires ont connu diverses fluctuations. Les prêts à long terme sont passés de 142,8 milliards en décembre 2023 à 159,8 milliards un an plus tard, ce qui représente une hausse de 11,9%. On relève un accroissement principalement à CCA Bank qui a octroyé près de la moitié des crédits de longue maturité. Bien qu’ils servent à financer l’investissement, les prêts à long terme ne représentent que 2,64% du portefeuille global des banques camerounaises. Celles-ci préfèrent globalement s’exposer sur le court (30%) et le moyen terme (43,16%).
Créances en souffrances
En augmentant leurs concours financiers aux agents économiques, les banques se sont également exposées au risque de non-remboursement. Le portefeuille des créances en souffrance est ressorti à 820 milliards FCFA au 31 décembre 2024 contre 723,1 milliards FCFA un an en arrière. Le montant des provisions réglementées constituées pour couvrir le risque de défaut est de 487,4 milliards FCFA.
Lire aussi : Secteur bancaire : le Cameroun, 1er pourvoyeur de crédits en zone Cemac au 2ème trimestre 2024








