L’investissement privé camerounais a nettement rebondi en 2025, après une quasi-stagnation un an plus tôt. Selon les comptes nationaux publiés par l’Institut national de la statistique (INS), la formation brute de capital fixe (FBCF) du secteur privé a progressé de 6,6 % en volume, contre seulement 0,4 % en 2024. En valeur courante, elle a atteint 5 110,6 milliards de FCFA, contre 4 630,2 milliards un an auparavant. La FBCF mesure les investissements réalisés dans des actifs destinés à être utilisés durablement dans la production, comme les bâtiments, infrastructures, machines et autres équipements.
Elle constitue ainsi un indicateur de l’investissement productif. En 2025, le secteur privé concentre près de 80 % des 6 397,6 milliards de FCFA de FBCF totale enregistrés au Cameroun. À l’inverse, l’investissement public s’est contracté de 0,2 % en volume, après un bond de 18,8 % en 2024. Pour l’INS, « cette progression s’explique notamment par la poursuite des investissements dans les secteurs agro-industriel, manufacturier, minier et des infrastructures productives. Plusieurs projets structurants dans les secteurs agricole, industriel et minier ont été engagés ou mis en service en 2025, renforçant progressivement les capacités de production nationales ».
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Si l'INS n'apporte aucune précision sur les projets financés par les investisseurs privés, le ministère de l'Économie relève, dans le secteur minier, un investissement de 640 milliards FCFA dans le projet de mine de fer de Bipindi-Grand Zambi, au Sud, porté par G-Stones. Ce projet a été inauguré le 22 septembre 2025 par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute. Le même jour a été lancé le projet de construction du terminal minéralier du port de Kribi, confié à l'entreprise Sinosteel et associé à l'exploitation du fer de Bipindi-Grand Zambi, pour un montant de 400 milliards de FCFA.
L’agro-industrie est représentée par la Ferme coopérative du Cameroun (FCC), inaugurée le 8 juillet 2025 à Bamendjou à l’Ouest du pays pour 6 milliards F CFA. Fish & Co pour sa part, est un complexe aquacole d’un investissement de 10 milliards FCFA, l’usine automatisée de production d’aliments pour animaux construite par Provenderie du Centre (5 milliards FCFA) ou encore la société camerounaise Mavecam (Marthe & Victorine Fish Farm), complexe agroindustriel d’une valeur de 12 milliards FCFA, etc.
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Le regain de l’investissement privé a eu un effet plus visible sur l’activité économique. Sa contribution à la croissance du PIB est passée de 0,1 point en 2024 à 0,9 point en 2025. Il reste néanmoins loin derrière la consommation privée, principal moteur de la demande, dont la contribution a atteint 3,6 points. L’économie camerounaise a, au total, maintenu une croissance de 3,5 % en 2025. Pour 2026, l’INS s’attend à ce que l’investissement privé demeure dynamique, porté par les opportunités dans l’agro-industrie, les mines et l’industrie manufacturière. L’Institut table notamment sur la montée en puissance des capacités de transformation et l’entrée progressive en exploitation de nouveaux projets miniers pour soutenir l’activité.












