Le gouvernement camerounais a décidé de prendre en charge le paiement de 1,2 milliard de Fcfa dû à l’ancien sélectionneur des Lions Indomptables, Antonio Conceição, après son licenciement jugé abusif en 2022. Cette décision fait suite à l’incapacité de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) de s’acquitter de cette somme, mettant ainsi l’État face à une obligation financière imprévue dans un contexte économique déjà tendu.
Selon les dernières estimations du Fonds Monétaire International (FMI), le Cameroun fait en effet face à d’importantes tensions de trésorerie, avec une dette publique représentant environ 43% de son PIB. Le pays, engagé dans un programme d’ajustement avec l’institution financière, cherche à rationaliser ses dépenses et à accroître ses recettes fiscales pour contenir un déficit budgétaire croissant. Dans ce contexte, le règlement de cette indemnité constitue une pression supplémentaire sur les finances publiques déjà mises à rude épreuve.
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L’intervention de l’État s’explique par la menace de sanctions de l’instance mondiale du football, qui avait donné au Cameroun jusqu’au 28 février pour se conformer à cette décision de la Commission du statut du joueur de la FIFA. En cas de non-paiement, la sélection nationale risquait une suspension des compétitions internationales, y compris la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc, pour laquelle elle est déjà qualifiée. Cette situation a contraint le gouvernement à agir rapidement afin de préserver les intérêts sportifs du pays.
Cependant, ce dossier a ravivé les tensions entre la Fécafoot et le ministère des Sports (Minsep), se rejetant mutuellement la responsabilité du litige. La fédération affirme que la décision de limoger Conceição avant le terme de son contrat avait été prise en accord avec les autorités gouvernementales, tandis que le Minsep soutient l’inverse. L’institution dirigée par Narcisse Mouelle Kombi invite d’ailleurs la Fécafoot que préside Samuel Eto’o « à une gestion moins primesautière et plus responsable de ses rapports avec les encadreurs [des sélections nationales] ». Car ces limogeages abusifs coûtent assez chers aux caisses de l’Etat.
Plus de 2,3 milliards de FCFA déjà déboursés par l’Etat
Ce n’est en effet pas la première fois que le Cameroun est contraint de verser d’importantes indemnités à des entraîneurs pour licenciement abusif. Avant Antonio Conceição (1,2 milliard de Fcfa), Clarence Seedorf et son adjoint Patrick Kluivert ont reçu respectivement 207 et 100 millions de Fcfa en 2019, Hugo Broos (148 millions en 2017), Volker Finke (325 millions de Fcfa) et son adjoint Ibrahim Tanko (124 millions de Fcfa) en 2015 et Javier Clemente (200 millions de Fcfa en 2011) étaient déjà eux-aussi passés à la caisse. Au total, la facture s’élève à plus de 2,3 milliards de Fcfa pour le Trésor public.








