La dynamique d’industrialisation de la filière huile de palme au Cameroun se précise. À Mbanga, dans le département du Moungo (région du Littoral), Opalm a officiellement lancé, ce 8 avril, la construction de sa deuxième usine de transformation, d’une capacité annuelle de 25 000 tonnes. Ce projet s’appuie sur un investissement de 9 milliards FCFA.
Dans le bassin du Moungo, les premiers effets du déploiement sont déjà visibles. Opalm affirme avoir collecté plus de 100 000 tonnes de régimes de palme, pour un montant de 8,5 milliards FCFA reversés aux producteurs depuis 2024. La nouvelle unité de Mbanga devrait amplifier cet impact, avec plus de 340 emplois directs et indirects attendus, et un volume d’achats annuels de noix de palme estimé à plus de 5 milliards de FCFA injectés dans l’économie locale.
« Nous venons ainsi mettre en œuvre la dynamique de valorisation de la production locale dans les bassins identifiés afin qu’ensemble nous réduisions le déficit d’huile de palme, en impactant positivement la vie des producteurs et des populations dans le monde rural ainsi que l’économie du pays », a déclaré Patrice Yantho Yondeu, Coordonateur du Programme d Investissement d' OPALM.
Transformation à grande échelle
L’initiative d’Opalm à Mbanga intervient quelques semaines après l’acquisition des actifs agricoles de la Socapalm à Éseka, comprenant une usine d’une capacité de 7 000 tonnes/an et plus de 5 000 ha de plantations. À travers ladite usine (dont la modernisation est prévue dans les prochaines semaines et adossée à un budget de 8 milliards FCFA), l’entreprise revendique l’achat de 15 000 tonnes de régimes auprès des planteurs du bassin de production, pour une valeur de plus de 1,2 milliard FCFA.
« Nous visons près de 75 000 t après le relèvement des capacités avec l’installation d’une nouvelle huilerie qui permettra de produire 25 000 tonnes à Éseka, pour une valeur de plus de 6 milliards FCFA », précise le Coordonateur d’Opalm
Un levier pour la politique d’import-substitution
L’agro-industriel camerounais passe ainsi à la vitesse supérieure dans la mise en œuvre de son programme d’investissement de 45 milliards de FCFA. Signé en décembre 2025 avec le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, ledit plan est étalé sur cinq ans et prévoit l’implantation de cinq unités industrielles dans les principaux bassins de production. Le groupe, qui ambitionne de développer une chaîne industrielle d’une capacité globale de 108 000 tonnes/an, a pour objectif de structurer l’amont agricole, sécuriser les débouchés des planteurs et réduire le déficit national en huile de palme, dans un contexte où la production est estimée à 300 000 tonnes contre un besoin de 2 millions de tonnes (industriels et ménages).
Aligné sur les orientations publiques, notamment la Stratégie Nationale de Développement (SND30) et le plan d’import-substitution, le plan quinquennal d’Opalm vise à réduire la dépendance du pays aux importations d’huile de palme et à soutenir les industries locales de transformation. En effet, le Cameroun importe chaque année environ 100 milliards FCFA d’huile de palme du Gabon, principal pourvoyeur du marché camerounais, et de la Malaisie. Cette dépendance est la conséquence d’un rendement faible, estimé à 500 kg par ha, bien en deçà des niveaux minimums des producteurs indépendants (0,9 à 1,5 tonne/hectare).
Relever le rendement
Une situation qu’Opalm entend améliorer grâce à son programme qui va au-delà de la transformation industrielle. « Opalm, le ministère de l’Agriculture et ses démembrements vous aideront à améliorer vos rendements de 500 kg d’huile par hectare à 2 tonnes par hectare, à évacuer votre production, à réduire les pertes agricoles et à améliorer, par le travail et l’achat de votre production, votre niveau de vie », a indiqué le dirigeant en s’adressant aux planteurs du bassin du Moungo.
Avec ce nouveau jalon, l’entreprise confirme sa volonté de s’imposer comme un acteur structurant de la filière, en misant sur la proximité avec les producteurs et la montée en gamme industrielle.
Pour Opalm, l’enjeu dépasse la seule production. Il s’agit de contribuer au rééquilibrage de la balance commerciale tout en structurant une chaîne de valeur intégrée, de la production agricole à la transformation industrielle. « Nous sommes déterminés à contribuer, aux côtés de l’État, à résorber le déficit en matières premières et à renforcer l’industrialisation du pays […] Le programme n’est plus un rêve, il est en marche et produit déjà des résultats concrets sur le terrain », a conclu Patrice Yantho Yondeu.







