Au Cameroun, l’Institut national de la statistique (INS) vient de publier les résultats de l'enquête sur "L'impact des chocs sur les entreprises". Celle-ci récence les mesures à mettre sur pied pour faciliter la résilience des entreprises face aux crises dont les plus récentes sont la Covid-19 survenue en début 2020 et le conflit russo-ukrainien en cours depuis le 24 février 2022. D’après le document consulté par EcoMatin, 42,2% des chefs d’entreprises plaident pour la réduction de la pression fiscale définie comme la part des impôts dans le produit intérieur brut (PIB). Par secteur d’activités, ce sont davantage les hommes d’affaires issus des milieux des services fournis aux entreprises et autres (63,6%), l’industrie alimentaire (46,9%), du commerce (44%) qui formulent cette doléance.
L’enquête de l’INS s’inscrit dans la même lancée que celle réalisée en décembre 2023 sur le climat des affaires dans le secteur industriel réalisée par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). A en croire le document, 81% des chefs d'entreprises interrogés jugent le taux de pression fiscale élevé contre 18% qui le trouvent moyen et seulement 1% qui le considèrent comme faible.
Dans une note d’analyse publiée en janvier dernier, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gécam) redoutent une accentuation de la pression fiscale au regard des ajustements intervenus dans la loi de finances de 2025. « En ce qui concerne particulièrement la loi sur la fiscalité locale, l’introduction de ces nouvelles taxes qui concentrent la pression fiscale sur les mêmes entités va alourdir la charge fiscale des entreprises et contribuera à augmenter les prix de certains produits avec pour conséquence de détériorer la compétitivité de nos entreprises, et partant de leur capacité d’investir et de créer de nouveaux emplois », prévoit le patronat camerounais.
En revanche, pour Roger Athanase Meyong Abath, le Directeur général des Impôts (DGI), le taux de pression fiscale situé autour de 14% en 2024, n’est nullement élevé au Cameroun comparativement à la moyenne de 15% requise en Afrique. « Si on compare avec les pays du même niveau de développement que le Cameroun, notamment en Afrique de l’Ouest, ils sont à17%. Je ne parle pas de l’Afrique du Nord où tous les pays sont à plus de 22%, l’Afrique du Sud étant à 28% », faisait remarquer le DGI à l’occasion du lancement officiel du budget 2025 le 15 janvier dernier à Buea dans la région du Sud-Ouest.
Du reste, outre la réduction de la pression fiscale, 68,6% de chefs d’entreprises interviewés par l’INS estiment qu’il faille faciliter l’accès aux subventions et aides financières de l’Etat, alors que 62,1% plaident pour la baisse des prix des intrants et matières premières et 36,8% sollicitent les facilités pour l’accès aux crédits informels.









