Cela fait trois ans que vous êtes régulièrement récompensés par EcoMatin en tant que leader sur le marché bancaire camerounais. Quelles sont aujourd'hui les perspectives d'Afriland First Bank, notamment en matière d'expansion, alors que vous semblez viser le marché ouest-africain ?"
Pour le moment notre futur c’est le Cameroun, et de façon plus large la zone Cemac ; ce sont là nos perspectives à court terme. Le marché ouest-africain est non seulement du ressort de notre maison-mère mais aussi dans une perspective de moyen terme. A court terme on parle uniquement d’expansion au niveau du Cameroun. Le Cameroun, c’est 10 régions denses. Il y a plusieurs villes et arrondissements dans le pays qui n’ont pas encore de banques donc avant la fin de cette année, nous aurons à peu près 90 agences et en 2025, nous comptons atteindre un seuil symbolique de 100 agences pour permettre à chaque camerounais d’avoir une agence Afriland First Bank à proximité et ainsi impulser l’inclusion financière.
Vous avez parlé d’une expansion en zone Cemac, est-ce possible de savoir les marchés que vous visez précisément ?
Nous visons 4 nouveaux marchés en zone Cemac notamment la République centrafricaine, le Congo, le Tchad et le Gabon. Nous avons pour ce faire, fait une demande d’expansion dans le cadre de l’agrément unique depuis 2021 et nous attendons toujours l’autorisation du régulateur pour continuer cette expansion.
Avant la fin de cette année, nous aurons à peu près 90 agences et en 2025, nous comptons atteindre un seuil symbolique de 100 agences pour permettre à chaque camerounais d’avoir une agence Afriland First Bank à proximité et ainsi impulser l’inclusion financière.
A ce stade, reste-t-il des défis à relever pour la First Bank ou des segments du secteur qu’elle n’a pas encore touchés ?
Comme le représentant du ministre des Finances l’a dit, il reste encore beaucoup de défis à relever par les banques locales et ces défis sont les mêmes pour Afriland First Bank. Le taux de bancarisation dans notre pays est de 20% contre 95% en Occident or tout le monde devrait être capable d’avoir un compte bancaire. Nous avons donc comme principal défi aujourd’hui de relever le taux de bancarisation dans notre pays, ce qui va contribuera à la mobilisation des ressources indispensable au développement du Cameroun. Fort heureusement Sara Money, Orange Money ou MTN Mobile Money permettent de faire des extensions sans toutefois ouvrir des agences.
A propos du marché des capitaux et les nouvelles conditions qui rendent l’accès au financement plus difficile, comment une banque spécialiste des valeurs du Trésor (SVT) se positionne par rapport à ces défis ?
Afriland First Bank a été la première SVT sur le marché des valeurs de titres de la BEAC et nous sommes actionnaires de la BVMAC, tout ce qui contribue à mobiliser les ressources nécessaires au financement de nos économies. L'objectif de la réforme du marché des capitaux est de mobiliser la ressource de la personne ordinaire au niveau des banques et des institutions financières, raison pour laquelle j’ai parlé plus tôt de l’extension de réseau "aller chercher l’argent où il se trouve". Comme la Cosumaf qui fait actuellement ce qu’on appelle « éducation financière », tous les éléments mis en place par la banque permettront à coup sûr de donner l’habitude financière à tout camerounais lambda. A ce niveau, EcoMatin le rend très bien en organisant régulièrement des évènements qui regroupent les établissements bancaires et décernent de grands titres ce qui permet aux populations de savoir que les banques ne sont pas le mystère extraordinaire qu’on pense qu’elles sont dans notre contexte local.
Est-ce que les contraintes internationales et les conditions du marché vous affectent particulièrement au Cameroun ?
Naturellement, c’est ce qu’on appelle le risque pays. Ceci a un impact considérable sur le coût des financements étant donné que nous devons financer également à l’étranger. Aujourd’hui, nous avons des emprunts qui sont en devise à China Development Bank ainsi qu'à la Banque Islamique de Développement, la BADEA et l'AFC entre autres, de fait les contraintes internationales notamment l’explosion du coût du dollar et les variations de taux ont un impact sur nos activités.
Comme la Cosumaf qui fait actuellement ce qu’on appelle « éducation financière », tous les éléments mis en place par la banque permettront à coup sûr de donner l’habitude financière à tout camerounais lambda.
Le contexte national, avec le départ de Société générale, est-ce que AFB ne se positionnerait pas pour l’acquisition de la filiale de SG ?
Nous estimons qu’il faut d’autres acteurs dans le paysage bancaire au Cameroun. Nous pensons que notre part est suffisamment énorme pour qu'on veuille acquérir un autre géant du secteur. En faisant l’analyse des marchés bancaires à travers le monde, rarement une banque dépasse la barre des 20% de parts de marché donc nous sommes déjà un assez gros mastodonte pour ajouter un autre mastodonte comme Société générale.









