L’encours de la dette des États de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sur le marché des valeurs du Trésor (BTA et OTA) a franchi un nouveau cap en 2024. Selon les données publiées par la banque centrale, dans son rapport de l’année sous-revue, cet encours a passé la barre de 7 000 milliards pour atteindre 7 437,3 milliards FCFA au 31 décembre 2024. Une progression de 16% par rapport à l’année précédente, qui traduit un recours accru des Trésors publics au marché monétaire régional, dans un contexte marqué par des besoins persistants de financement budgétaire. Ainsi, tous les pays, à l’exception de la Guinée Equatoriale, ont vu leur encours progresser sur l’année, avec un recours notable du Gabon (2 623,4 milliards) et du Cameroun (1 572,5 milliards) à l’émission de titres.
Dans cette dynamique, le Cameroun se distingue non seulement comme principal émetteur, mais aussi comme premier investisseur sur le marché sous-régional. À fin 2024, les investisseurs domiciliés au Cameroun détenaient 3 776,8 milliards de FCFA de titres publics, soit 50,4% de l’encours global de la dette émise dans la zone CEMAC. Ce leadership s’explique par la profondeur relative de son système financier, la présence d’un vivier d’investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurance, fonds) et un appétit marqué pour les placements sécurisés dans un environnement régional à rendement relativement attractif.
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L’analyse de la ventilation de ces placements révèle que les investisseurs camerounais ont massivement souscrit aux titres émis par leur propre Trésor (1 282,5 milliards FCFA), mais également à ceux du Gabon (918,2 milliards), de la Guinée équatoriale (722,1 milliards FCFA), du Tchad (509,9 milliards FCFA) et du Congo (187,5 milliards FCFA). Même la République centrafricaine, traditionnellement moins active sur ce marché, a attiré 88,2 milliards FCFA d’investissements camerounais. Cette diversification reflète une gestion active des portefeuilles dans un environnement monétaire marqué par la relative stabilité des taux et la régularité des remboursements.
En effet, les États de la CEMAC ont dans l’ensemble honoré leurs engagements. D’après la BEAC, le montant total remboursé en 2024 sur les titres arrivés à échéance s’élève à 3 579,2 milliards de FCFA, en hausse de 28,01% par rapport à 2023 (2 795,9 milliards). Cette discipline budgétaire, conjuguée à une meilleure gestion du calendrier des émissions, renforce la confiance des investisseurs et consolide le rôle du marché des titres publics comme pilier du financement des États dans la sous-région.
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