Pour booster la transformation locale de son bois, les pays de la Cemac ont décidé d’interdire d’exporter le bois sous forme de grumes. Cette décision prise en 2020 et qui a connu plusieurs reports sera finalement effective à compter du 1er janvier 2028 dans tous les six pays de la sous-région (Cameroun, Congo, Guinée Equatoriale, Tchad, Gabon et Centrafrique). Chaque gouvernement a déjà pris la mesure à bras le corps. C’est d’ailleurs la mise en œuvre de cette mesure à l’échelle des pays qui constituera un frein à l’activité forestière dans la sous-région. « Les opérateurs continuent de projeter une baisse de leurs activités en raison de la faiblesse de la demande mondiale, de l’application du nouveau code forestier notamment au Congo portant arrêt définitif des exportations de grumes et des coûts des carburants dans tous les pays toujours élevés malgré un début de normalisation au Gabon », mentionne la Beac dans son Test prévisionnel de conjoncture du 3e trimestre.
Dans le détail, cette mesure ralentira l’activité principalement au Congo et en Guinée Equatoriale. Pour le Cameroun, l’activité forestière sera en recul en raison du « mauvais état des routes et les perturbations de l’approvisionnement en énergie électrique dans les zones forestières [qui] constituent des obstacles au développement de cette filière », explique la Beac. En RCA, la situation est adossée à la « contraction de la demande en provenance des principaux pays importateurs ». Et au Gabon, « la production devrait bénéficier d'une faible pluviométrie, mais les perspectives de ventes restent incertaines ». Cette situation pourrait alors entraîner une réduction sur les recettes générées par ce secteur d’activités dans la sous-région.
Mise en œuvre progressive
Sur cette base, il est clair que de manière singulière, les pays de la Cemac déploient déjà cette mesure pour être à jour en 2028. On se souvient que le motif évoqué lors du dernier report était les pertes fiscales qu’occasionneraient la mise en œuvre de l’interdiction d’exportation du bois sous formes de grumes. Pour le cas du Cameroun, la mise en œuvre suit son cours. Le gouvernement prévoit alors un plan de mise en œuvre de cette décision au fur et à mesure. En 2024,par exemple, 174 Essences ont été interdites de sortir du pays sous forme de grumes. Pour le Congo, cette mesure est en vigueur depuis le 1er janvier 2023 et le 30 juin 2024, pour la Guinée Equatoriale. Objectif : réduire les exportations de bois en grumes au profit de la transformation locale. Rappelons qu’en zone Cemac, le Gabon est le seul pays qui a totalement déployé la mesure et qui profite de ses retombées. En effet entre 2010 et 2021, la contribution du secteur bois au produit intérieur brut est passée de 116 milliards à 444 milliards de Fcfa.



