[PUBLIREPORTAGE] La circulation des personnes et des biens sur les principaux corridors d’Afrique centrale s’améliore progressivement. Désormais, partir de Yaoundé pour Libreville, Douala/Kribi -N’Djamena ou Bangui en moins de temps, tout en dépensant beaucoup moins lors des contrôles routiers a été rendu possible. Cette transformation est portée par l’Institut Sous-régional de Statistique et d’Économie Appliquée (ISSEA), à travers l’Observatoire régional des Pratiques Anormales sur les Principaux Corridors de l’Afrique Centrale (OPA-AC), et financé par l’Union européenne. Le projet a principalement suivi les axes reliant le Cameroun au Tchad et à la République centrafricaine. Présenté le 11 mars 2026 à Yaoundé, le bilan met en lumière des résultats tangibles pour réduire les coûts du transport et faciliter les échanges dans la sous-région.
Une réduction significative des contrôles routiers
L’ISSEA a engagé 16 enquêtes trimestrielles sur les corridors observés, 03 autres dans les enceintres portuaires de Douala et Kribi ainsi que 10 ateliers nationaux et régionaux pour un impact considérable. Sur l’axe Yaoundé-N’Djamena, par exemple, l’ISSEA avait recensé 104 points d’arrêt en 2021, dont 77 centres de contrôle, dont 60 sur le seul territoire camerounais, alors que la norme communautaire n’en prévoit que cinq sur le long de l’itinéraire, police, gendarmerie et douanes y compris.
« Nous avons fait remonter l’information au niveau des pays et grâce à l’Observatoire régional des pratiques anormales, la CEMAC a créé une brigade mixte pour améliorer la gouvernance des corridors. Au niveau des Etats il y a eu plusieurs contrôles inopinés » a déclaré Dr Marcel Opoumba, chef de projet OPA AC, Directeur General de l’ISSEA.
LIRE AUSSI : CEMAC : Malabo veut lever les barrières fiscales à Kye-Ossi pour fluidifier les échanges avec le Cameroun
Résultat, l’impact commence à se faire sentir quatre ans plus tard. A fin 2025, l’axe compte 79 arrêts et 31 points de contrôle en moins, soit un total de 46 pour 40 au Cameroun et 6 au Tchad. Partant de Douala pour N’Djamena ou Bangui, il faut désormais prévoir respectivement 12 et 10 heures de contrôles, contre 18 et 17 heures en 2021. Les trajets désormais plus fluides se font sur 3 jours et demi contre 7 jours en 2020.
Un levier pour faciliter le commerce sous-régional
Sur la liste des plus couteux en termes de contrôles payants, figure l’axe Yaoundé-Libreville. Selon l’ISSEA, les passagers devaient prévoir environ 250 000 FCFA sur tous les 100 kilomètres en 2021. La structure revendique une situation nettement améliorée, repliée à 150 voire 125 000 FCFA de dépenses sur la même distance en 2025.

Une dynamique qui pourrait bien tourner à la faveur de près de 70 millions d’habitants que compte la zone CEMAC selon les dernières données de la Banque mondiale. « Nous avons de grandes potentialités. Nos pays possèdent des sous-sols très riches mais nos échanges restent encore marginaux. Plus il y a des difficultés sur nos routes, plus il y a des répercussions directes sur les coûts et les échanges commerciaux » a appuyé Dr Marcel Opoumba.
LIRE AUSSI : Paiements transfrontaliers : la BEAC se prépare à intégrer le PAPSS
Des défis persistants sur les axes routiers
Malgré ces avancées, plusieurs difficultés continuent de freiner la pleine efficacité du dispositif. L’ISSEA note entre autres les paiements informels, les lenteurs administratives, une coordination institutionnelle insuffisante et des contraintes techniques et logistiques.
Pour renforcer les progrès réalisés, l’organe préconise l’amélioration de la connectivité et la stabilité des plateformes numériques utilisées pour le suivi des corridors. Elle recommande également de renforcer la formation continue du personnel chargé des contrôles et d’assurer l’application stricte des procédures. Parmi les autres pistes figurent l’intensification de la lutte contre la corruption, la réduction des coûts logistiques et de stationnement supportés par les usagers, ainsi que l’acquisition d’un nombre suffisant de balises GPS pour optimiser les dispositifs de suivi.
Vers un Observatoire Régional de Transport, ORT
Au-delà des résultats obtenus, l’initiative ouvre également de nouvelles perspectives pour la région. L’ISSEA avec l’Union européenne envisagent la pérennisation et la réadaptation de l’observatoire actuel, ainsi que la création d’un observatoire régional des transports. L’objectif est d’étendre le suivi à d’autres corridors stratégiques et de renforcer la coopération entre les Etats de la CEMAC.
Selon les responsables du projet, ces efforts doivent contribuer à consolider les réformes engagées dans la facilitation du transport, soutenir l’intégration économique et favoriser un commerce plus fluide entre les pays d’Afrique centrale.









