Pour relancer une filière en forte perte de vitesse, le gouvernement centrafricain a annoncé la mise à disposition de 601 000 hectares dédiés à la culture du café. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un nouveau programme pilote dont l'objectif est d'atteindre une production annuelle de 25 000 tonnes. Lancé officiellement le 14 août par le ministère de l'Économie, du plan et de la coopération internationale ; et détaillé dans un compte rendu publié le 17 août, ce projet est piloté par Monaco Consulting, un cabinet spécialisé dans l'accompagnement des projets d'investissement.
Sur le plan opérationnel, le programme prévoit notamment la création de sept centres de collecte régionaux, le déploiement de systèmes d'irrigation, l'optimisation de la chaîne logistique et l'instauration d'un modèle de gouvernance par clusters (grappes d'entreprises).
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Les principaux bénéficiaires de cette relance seront les planteurs et leurs coopératives. Selon le document ministériel, ces acteurs de terrain bénéficieront d'un accompagnement complet : fourniture d'intrants, mécanisation des procédés, achat et collecte du café vert, transferts de compétences et formations techniques. La finalité de cette démarche est triple : diversifier l'économie nationale, améliorer substantiellement les revenus des communautés rurales et repositionner le café centrafricain sur le marché international.
Une filière sinistrée à reconstruire
Ce programme ambitieux intervient après plus de deux décennies de déclin de l'or brun centrafricain. Selon les données de la Banque mondiale, la production nationale est passée de 11 800 tonnes en 2000 à seulement 1 600 tonnes en 2006. L’institution explique cet effondrement par la chute des cours mondiaux intervenue en 2001 et 2002. Cette crise a d'autant plus fragilisé la RCA que le pays souffrait déjà de coûts élevés de collecte et de transport, poussant les opérateurs commerciaux et les exportateurs à réduire drastiquement leurs investissements.
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Les données récentes confirment cette situation. Le rapport annuel de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) indique qu'entre 2019 et 2021, la production a encore chuté, passant de 2 000 à 400 tonnes, avant de stagner entre 1 400 et 1 000 tonnes sur la période 2022-2024. Malgré cette régression, le café reste le premier produit d’exportation agricole avec des exportation de 1 500 tonnes en 2026 contre seulement 300 tonnes pour le coton.
Pour l'année 2025, le ministère centrafricain des Finances et du Budget a recensé une production d'à peine 1 145 tonnes. Atteindre la cible des 25 000 tonnes annuelles fixée par le nouveau programme nécessitera donc un effort colossal : le pays devra multiplier sa production actuelle par plus de vingt, ce qui correspond à une augmentation de près de 2 100 %.
Par Ange Daïna Ngouégni (stagiaire)












