Le Cameroun s’apprête à réaliser l’une de ses plus importantes sorties sur le marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Le 7 septembre 2026, le Trésor mettra en adjudication des titres de créance pour tenter de lever 257,75 milliards FCFA auprès des investisseurs, une sollicitation d’une ampleur inhabituelle pour la première économie de la région. Yaoundé prévoit notamment un Bon du Trésor assimilable (BTA) de 120 milliards FCFA à 13 semaines, auquel s’ajoutent cinq Obligations du Trésor assimilables (OTA) de 27,55 milliards chacune, avec des maturités comprises entre trois et sept ans.
Côté rendement, le Trésor propose une rémunération croissante avec la durée : 6,25 % à trois ans, 6,50 % à quatre ans, 6,75 % à cinq ans, 6,85 % à six ans et 7 % à sept ans. Contrairement aux OTA, le taux du BTA n’est pas fixé à l’avance. Il ressortira de l’adjudication, en fonction des taux proposés par les investisseurs et de ceux retenus par le Trésor. À titre de comparaison, le coût moyen des BTA camerounais s’établissait à 6,97 % en juillet, contre 7,17 % un mois auparavant.
Lire aussi: Marché des titres publics : la CEMAC franchit un nouveau cap avec plus de 8 450 milliards FCFA d’encours
Le Cameroun bénéficie également d’un coût de financement sensiblement inférieur à celui de plusieurs de ses voisins. En juillet, le coût moyen de ses OTA ressortait à 7,36 %, contre 10,13 % pour le Gabon, 10,24 % pour la Centrafrique, 11,73 % pour le Congo et 11,90 % pour le Tchad. Toutefois, si les investisseurs exigent un rendement supérieur, le Trésor devra accepter des prix d’adjudication plus faibles ou renoncer à une partie des offres.
Un besoin de liquidités à très court terme
Sollicité, le Trésor public n’a pas souhaité s’exprimer sur cette sortie inhabituelle. La taille du BTA à 13 semaines interpelle néanmoins car il s’agit de 120 milliards FCFA à mobiliser maintenant et à rembourser trois mois plus tard. Une telle opération peut répondre à un besoin ponctuel de trésorerie, au règlement de dépenses arrivant à échéance ou au refinancement d’engagements antérieurs.
Lire aussi:Marché des titres publics : le Gabon emprunte désormais trois fois moins cher que le Cameroun
Les documents d’émission ne précisent toutefois pas l’utilisation prévue de ces ressources. Les OTA donnent davantage de marge car leurs remboursements en principal s’échelonnent de 2029 à 2033.
L’opération constitue également un test pour les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), les établissements agréés qui interviennent directement aux adjudications. Ils sont déjà les premiers détenteurs de la dette camerounaise sur ce marché. À fin juillet, ils possédaient 1 432,8 milliards FCFA de titres, soit 69,5 % de l’encours du pays.
Une souscription importante à la nouvelle opération augmenterait mécaniquement leur exposition à la signature souveraine camerounaise, toutes choses égales par ailleurs. Selon les dernières statistiques de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’encours de ses titres publics atteignait 2 061 milliards de FCFA à fin juillet 2026, dont 1 394 milliards d’OTA et 666,9 milliards de BTA. Le pays représentait alors 19,5 % de l’encours total des titres publics de la CEMAC.









