À compter du 1er janvier 2027, le Gabon interdira les importations de clinker. L’annonce a été faite le 8 septembre 2025 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors du Conseil des ministres. « Enfin, le président de la République a annoncé l’interdiction, à compter du 1er janvier 2027, de l’importation du clinker. Il a rappelé que cette matière première, essentielle à la production de ciment et donc à nos grands chantiers, pèse lourdement sur la balance commerciale depuis l’arrêt de sa production locale en 2014 », précise le communiqué final.
Le clinker, principal intrant dans la fabrication du ciment, figure parmi les produits qui alimentent massivement les importations. Selon les statistiques du commerce extérieur, les achats de clinker au troisième trimestre 2022 s’élevaient à 9,9 milliards FCFA, en hausse de 148,2 % par rapport à la même période en 2021 (4 milliards). Bien que les données de 2024 ne soient pas encore disponibles, la Banque mondiale indique que le gouvernement avait consacré près de 500 milliards FCFA aux importations de biens intermédiaires l’année dernière, catégorie à laquelle appartient le clinker.
Le pays mise désormais sur ses ressources locales et ses partenaires pour relancer sa production dans un délai d’un an. Celle-ci avait été estimée à 154 960 tonnes au deuxième trimestre 2022 par le ministère de l’Économie. « Le chef de l’État a indiqué que le Gabon dispose des ressources nécessaires pour relancer, dans un délai d’un an, une production compétitive avec l’appui de partenaires », poursuit le communiqué.
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Sur le marché du ciment, le Marocain Ciment d’Afrique (Cimaf) est déjà présent avec une capacité annuelle de 850 000 tonnes. L’entreprise prévoit d’augmenter sa production à 1,85 million de tonnes par an grâce à une troisième ligne en cours de construction, d’un coût de 25 milliards FCFA, objet d’une convention d’investissement signée en mars dernier avec le ministère des PME.
D’autres investisseurs s’intéressent également au marché gabonais. Le consortium turc Ucgen a signé en mai 2024 des accords avec le gouvernement pour un investissement de 5 milliards de dollars (environ 3 020 milliards FCFA), incluant la construction d’une cimenterie, d’une usine d’engrais et d’une aciérie. De son côté, le groupe nigérian Dangote, qui avait annoncé dès 2020 un projet de 45,3 milliards FCFA (75 millions de dollars), envisage toujours la construction d’une unité de broyage de clinker d’une capacité de 3 000 tonnes par jour.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, l’interdiction d’importer du clinker vise « l’autonomie économique, la relance industrielle et la maîtrise des dépenses publiques, tout en favorisant la création d’emplois ».
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