Les recettes provenant des cotisations sociales encaissées par la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) ont atteint 224,9 milliards de FCFA au terme de l'exercice 2025, contre 217,4 milliards de FCFA en 2024. Cette progression de 3,5 % accroît les capacités financières de l'organisme chargé de payer les pensions et les allocations.
43 291 employeurs cotisants, mais une couverture toujours marginale
L'augmentation des encaissements s'explique, selon la Cnps, par une intégration accrue des entreprises dans le système formel et par la modernisation des outils de recouvrement. Le système d’immatriculation a ainsi enregistré 6 239 nouveaux employeurs en 2025, portant le nombre total de structures actives à 43 291. Cette extension du tissu contributif s'observe principalement dans les branches du commerce et des autres services, qui concentrent la plus forte proportion d'employeurs actifs.
Cette dynamique apparaît toutefois plus contrastée du côté des travailleurs. Alors que le nombre d'employeurs affiliés continue de progresser, les nouvelles immatriculations de salariés ont reculé de 16 % en un an, passant de 112 263 en 2024 à 94 556 en 2025. Cette évolution suggère que la formalisation des entreprises ne s'accompagne pas encore d'une création d'emplois déclarés au même rythme, dans un contexte où une grande partie de l'activité économique demeure dominée par l'informel.
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Parallèlement, la généralisation des outils digitaux a modifié les pratiques déclaratives. Le nombre de travailleurs télédéclarés a progressé de 8 %, passant de 694 837 en 2024 à 751 384 en 2025. Cette évolution administrative permet de sécuriser les droits de la population déjà intégrée au secteur formel, dont les cotisations sont assises sur les rémunérations dans la limite d'un plafond de 750 000 FCFA par mois, et calculées sur la base d'un SMIG fixé à 45 000 FCFA pour le secteur agricole et 60 000 FCFA pour les autres secteurs.
271 milliards FCFA à recouvrer
Les données de la Cnps révèlent par ailleurs l'ampleur du défi du recouvrement. En 2025, l'organisme a appelé 505,4 milliards de FCFA de cotisations et pénalités auprès des employeurs, mais n'en a effectivement encaissé que 234,15 milliards. L'écart de plus de 271 milliards de FCFA traduit l'existence d'importants arriérés ou contentieux de paiement et souligne le potentiel de recettes encore mobilisable pour renforcer le financement de la protection sociale.
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Au 31 décembre 2025, l'effectif total des travailleurs immatriculés actifs s'établit à 1 658 989 personnes. Rapporté à une population active nationale estimée à environ 11 millions de personnes au Cameroun, ce volume représente un ratio de couverture d'à peine 15 %. Ce chiffre confirme que près de 85 % des travailleurs, principalement concentrés dans le secteur informel et le monde rural, ne bénéficient d'aucune couverture contre les risques de vieillesse, d'invalidité ou de maladie. La concentration des cotisations sur un noyau restreint d'actifs du secteur privé moderne laisse entière la question de l'universalité de la sécurité sociale.
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L'exclusion de près de 85 % de la population active du système de prévoyance sociale engendre une vulnérabilité économique majeure à l'échelle nationale. Sans mécanisme de retraite ou d'indemnisation face aux aléas de la vie, la majorité des travailleurs âgés ou invalides se retrouve contrainte de prolonger indéfiniment leur activité dans la précarité ou de basculer dans la pauvreté. Cette situation accentue la pression financière sur les solidarités familiales et communautaires, qui se substituent aux défaillances institutionnelles. Sur le plan macroéconomique, ce déficit de couverture freine l'émergence d'une classe moyenne stable et limite le pouvoir d'achat global, tout en maintenant une part prépondérante de l'économie dans l'informel, loin des circuits fiscaux et de régulation de l’État.









