Air France a formellement invité le gouvernement congolais à réviser et développer ses infrastructures aéroportuaires afin de faciliter l'augmentation de ses fréquences de vol dans le pays. Cette exigence a été formulée lors d'une audience tenue le 20 août entre Jacques Zinnermann, représentant pays de la compagnie française, et Josué Rodrigue Ngouonimba, ministre congolais des Transports.
Au centre des discussions figure l'anticipation du renouvellement de la flotte d'Air France et ses implications techniques pour le Congo. L'attention se porte particulièrement sur l'unique piste d'atterrissage de l'aéroport international Antonio Agostinho Neto de Pointe-Noire, la capitale économique congolaise. Actuellement, cette piste longue de 2 612 mètres (8 569 pieds) reçoit les Airbus A330 de la compagnie. Cependant, ces appareils seront retirés de la flotte desservant cette ligne d'ici six à huit mois, au profit d'Airbus A350 et de Boeing 787, des avions de dernière génération exigeant des pistes plus longues, selon Air France. « Il faut l'agrandir, sinon elle ne pourra plus recevoir ces avions de dernière génération », a insisté Jacques Zinnermann auprès des autorités congolaises.
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Face à ces préoccupations techniques, le ministre des Transports a pris acte et s'est engagé à faire évaluer l'état des pistes du pays pour y apporter les solutions adéquates.
Une expansion freinée depuis un an
Cette demande de mise aux normes intervient dans un contexte où Air France peine à matérialiser ses ambitions d'expansion au Congo. Le pays d'Afrique centrale est pourtant devenu un marché de repli stratégique pour la compagnie depuis la suspension de ses vols vers les pays de l'Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger).
Dès juin 2025, Air France avait annoncé son intention d'augmenter ses dessertes pour atteindre dix vols hebdomadaires vers Brazzaville (dont certains transitant par Kinshasa). Plus d'un an plus tard, cette annonce n'a pas été suivie d'effets. Actuellement, le transporteur maintient une fréquence de sept vols hebdomadaires entre Paris-Charles de Gaulle (CDG) et Brazzaville (soit un vol quotidien en moyenne), ainsi que deux vols vers Pointe-Noire. Le représentant d'Air France a toutefois réitéré la volonté de la compagnie d'augmenter ses fréquences à partir d'octobre 2026, sous réserve de la résolution des contraintes logistiques.
Cet attentisme d'Air France coïncide avec les difficultés de son concurrent direct, Corsair. Ce dernier ambitionnait également de se positionner sur cet axe, mais ses opérations demeurent ralenties par les restrictions imposées par l'Union européenne à l'entrée de l'État congolais dans son capital.
Un marché africain résilient
Lors de cette même audience, la direction d'Air France a salué la réactivité des ministères congolais des Transports et de la Santé face à l'épidémie de Mpox touchant l'Est de la République démocratique du Congo voisine. Elle a souligné que les mesures de contrôle sanitaire instaurées aux frontières ont permis de rassurer les passagers.
Sur le plan financier, l'Afrique demeure un pilier solide pour le groupe franco-néerlandais. Selon le rapport d'activité du deuxième trimestre 2026, le marché africain affiche des performances robustes, tirées par une augmentation des rendements (yield) de 8,6 %, et ce, malgré une légère baisse du coefficient d'occupation de 2,2 points (s'établissant à 82,7 %). Dans la zone Cemac, outre le Congo, Air France opère des liaisons directes vers le Cameroun et le Gabon, et dessert la Centrafrique grâce à un partenariat avec la compagnie gabonaise Afrijet.
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