ConocoPhillips poursuit son expansion en Guinée équatoriale. Le géant pétrolier américain a signé un accord-cadre avec l'État équato-guinéen en vue de l'attribution des blocs offshore EG-28 et EG-29, situés dans le bassin du Rio Muni, au large de Bata, selon des informations publiées par la plateforme gouvernementale eGronda et confirmées par le média spécialisé Upstream.
Le Heads of Agreement (HOA) signé entre les parties fixe les principes de développement des deux permis et ouvre la voie à la négociation d'accords de partage de production (PSC), étape indispensable avant toute attribution définitive. Selon des sources citées par Upstream, cette opération s'inscrit dans la stratégie de Malabo visant à accélérer l'octroi de licences afin de freiner le déclin de la production nationale d'hydrocarbures.
Les deux blocs convoités sont situés dans une zone frontalière stratégique, à proximité des espaces maritimes du Gabon et de Sao Tomé-et-Principe. Le bloc EG-28, localisé en eaux profondes, avait fait l'objet de campagnes d'exploration menées par Nexen au début des années 2000. Malgré des indices d'hydrocarbures, les puits forés avaient été abandonnés. Le bloc voisin EG-29, en eaux moins profondes, renferme également plusieurs forages historiques réalisés par Petronas ainsi que le puits Rio Muni-A1, foré dès 1968.
Si les négociations aboutissent à la signature de contrats pétroliers définitifs, ConocoPhillips porterait à quatre le nombre de blocs d'exploration sous son contrôle en Guinée équatoriale, après l'acquisition des permis EG-27 et B4 en septembre 2025.
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Cette offensive s'inscrit dans le prolongement du rachat de Marathon Oil pour 22,5 milliards de dollars finalisé fin 2024. Cette opération avait permis à ConocoPhillips de récupérer les actifs producteurs Alba et Block D ainsi que l'usine de liquéfaction de gaz de Punta Europa, principale infrastructure gazière du pays.
Avec ces nouvelles licences potentielles, la major américaine consoliderait sa présence sur l'ensemble de la chaîne de valeur gazière équato-guinéenne, de l'exploration à l'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL). Le groupe apparaît désormais comme l'un des piliers du projet gouvernemental de "Gas Mega Hub", destiné à collecter et valoriser les ressources gazières régionales.
Pour la Guinée équatoriale, plus petit producteur africain de l'Opep avec environ 48 000 barils par jour en mai dernier, l'arrivée de nouveaux investisseurs constitue un enjeu crucial alors que les champs pétroliers historiques s'épuisent progressivement. Les autorités misent sur de nouvelles découvertes et sur le développement du gaz pour maintenir les recettes du secteur énergétique.
Selon son rapport annuel, ConocoPhillips a produit en moyenne 38 000 barils équivalent pétrole par jour en Guinée équatoriale en 2025, soit près de 14 millions de barils sur l'ensemble de l'année.
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