Dans son rapport pays 2025, la Banque africaine de développement (BAD) prévoit une croissance de 2,3 % pour le Gabon. Ce taux marque un recul de 0,8 point par rapport à l’année 2024 où la croissance était estimée à 3,1 %. La tendance baissière devrait se poursuivre jusqu’en 2026, avec une prévision de croissance ramenée à 2,1 %, selon l’institution panafricaine.
Ce ralentissement s’explique essentiellement par la baisse attendue de la production et des prix du pétrole, principale source de revenus du pays. La BAD estime que la moindre performance du secteur pétrolier pèsera lourdement sur les perspectives économiques.
Selon le Tableau de bord de l’économie publié par la Direction générale de l’économie et de la gestion fiscale (DGEF) en 2024, la production pétrolière du Gabon devrait s'établir à 11,126 millions de tonnes en 2025, soit une baisse de 552 000 tonnes (-4,7 %) par rapport à l’année précédente. De son côté, la Banque centrale prévoit une production de 11,4 millions de tonnes, contre 11,6 millions en 2024, soit une contraction de 1,72 %.
Lire aussi : Comment le Gabon compte atteindre une croissance économique de 10 % en 2025
Côté prix, la DGEF table sur une moyenne de 67 USD/baril pour le pétrole gabonais en 2025, contre 77 USD/baril en 2024, soit un recul de 13 %. Cette chute des prix s’inscrit dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et une pression baissière généralisée sur les marchés pétroliers.
Les prévisions de la BAD contrastent avec celles du gouvernement gabonais, qui table sur une croissance de 3,7 % en 2025. En revanche, elles rejoignent les estimations de la Banque mondiale (2,1 %) et du FMI (2,8 %), qui anticipent également une dynamique modérée.
Relevons tout de même que malgré un impact négatif du pétrole sur l’économie de l’Etat, elle restera soutenue par les secteurs hors-hydrocarbures, notamment le dynamisme des secteurs agricole (huile de palme), minier (manganèse, or et fer), des BTP et le raffermissement de la demande intérieure, selon la BAD.
Lire aussi : Pour 2025, le FMI table sur 6,3 % de croissance en UEMOA et seulement 2,4% en CEMAC








