La République Centrafricaine (RCA) a exporté pour 4,6 milliards FCFA de diamant en 2025, en baisse de 40,5 % par rapport à 2024. Selon les données actualisées contenues dans un récent rapport de la direction nationale de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), cette chute provient du volume exporté, qui s'est replié à 71 754,6 carats, contre 112 807,1 carats un an plus tôt (-36,4 %). La production de diamant brut a elle aussi chuté de 36,4 %, à 71 754,6 carats. « Cette contreperformance est essentiellement en rapport avec à la baisse des cours mondiaux induite par l’introduction du diamant synthétique sur le marché international et la baisse de la demande extérieure dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen Orient », précise la BEAC.
Et pourtant, depuis le 15 novembre 2024, à Dubaï (Emirats arabes unis), le Processus de Kimberley a totalement levé l'embargo sur le RCA. Décision mettant fin à 11 ans de sanctions internationales imposées en 2013 après le début de la crise politique et militaire, permettant au pays de reprendre officiellement ses exportations. Cet embargo avait été décidé pour stopper le commerce des « diamants du sang » servant à financer les groupes armés.
Paul-Crescent Beninga, membre de la coalition pour la société civile du Processus de Kimberley, indiquait à cette période que le Processus demandait au gouvernement centrafricain, tout au long de l'année 2025, de présenter des données statistiques relatives aux transactions autour du diamant. Il assurait par ailleurs qu'il allait « y veiller pour que la République centrafricaine puisse respecter ces conditions-là. Également, nous allons veiller sur les questions de la transparence dans le processus d'extraction, de commercialisation et d'exportation ».
La BEAC a formulé plusieurs recommandations à la RCA. Il s’agit entre autres, de renforcer les capacités opérationnelles de la brigade minière, en vue de lutter efficacement contre la fraude et la contrebande qui continuent de gangrener le secteur d’une part et mettre à jour régulièrement les valeurs mercuriales du diamant, conformément à l’évolution des cours mondiaux et mettre en place une unité de transformation spécialisée dans la taillerie de diamant.
Bangui a signé en mai 2025 un accord avec la Banque mondiale à hauteur de 6,4 millions de dollars afin de moderniser et numériser la gouvernance du secteur minier. Car, la RCA est parmi les 10 grands producteurs de diamant au monde, selon le joaillier français Bollwerk Joailliers, fabricant de bijoux. Le pays se classe dans le Top 5 pour la qualité de ses pierres, majoritairement de qualité, selon la Voix de l’Amérique. En janvier 2025, la RCA avait célébré à Bangui la découverte d’un diamant brut exceptionnel de 177,95 carats (parfois arrondi à 177,97 carats). Il avait été présenté par les autorités comme l’un des plus importants de l'histoire moderne du pays.



