Malgré la multitude de projets déjà réalisés, en cours ou annoncés, le taux d’accès à l’eau potable au Cameroun atteindrait difficilement 100% dans 6 ans. D’après les prévisions du ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee) Gaston Eloundou Essomba, le pays cible 90% du taux d’accès à ce liquide à l’horizon 2030. Ce qui ferait une progression de 35% par rapport aux 55% actuels. Moyennant cette vision, les pouvoirs publics entendent desservir 9 ménages sur 10 sur l’ensemble du territoire national. Un moyen pour le pays de tenter de rattraper l’objectif manqué dans le cadre de son Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce) 2010-2020 où le but du gouvernement avait été de « porter le taux d’accès en eau potable de 45% (moyenne nationale) à 80% en 2015 », rapporte la Banque africaine de développement (BAD).
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Franchir cet ambitieux objectif de 90% reviendrait à progresser en moyenne de 6% par an au cours des cinq prochaines années. Et si l’on peut d’ores et déjà se contenter des infrastructures déjà livrées jusqu’ici ou du moins celles en cours de réalisation, réussir le résultat escompté exige tout de même la concrétisation en temps opportun, d’autres projets hydrauliques qui annoncés depuis des années, se trouvent encore « en cours de maturation » à l’approche de l’échéance fixée.
Projet Scanwater
Le projet de réhabilitation de 350 stations Scanwater alimentés en énergie solaire est annoncé depuis 2020, date à laquelle il a été confié au chinois Sinomach ayant réalisé en 8 ans, le Paepys. Il s’agit en effet, d’un projet initié par le gouvernement en 40 ans qui consistait en la construction de stations de captage dans certaines localités, afin d’approvisionner les populations en eau potable. Ces stations sont hors d’usage pour faute de maintenance.
Après la réception en février 2020 de la toute première station pilote Scanwater réhabilitée dans la localité de Njoré (du Centre), l’entreprise adjudicataire attendrait aux dernières nouvelles, le quitus du ministère de l’Environnement lequel examinerait les études de faisabilité achevées du projet et les termes de référence de l’étude d’impact environnemental et social. Dans le même registre, le Projet de réhabilitation des systèmes d’approvisionnement en eau des villes Buea, Tiko et 16 Mutenguene, (région du Sud-Ouest) est lui aussi, attendu pour démarrer en 2026 selon les projections du Programme d’investissement prioritaire.
Systèmes d’approvisionnement dans 20 villes
Initié depuis 2018 et porté par la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater), l’office public en charge de la distribution, le Projet d’approvisionnement en eau potable dans 20 villes est toujours attendu en 2022 n’a pas débuté. Pourtant, réalisé, il apporterait entre l’occurrence, 300 000 m3 par jour dans les villes des régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Sud.
Mégaprojet d’adduction en eau potable de Douala
Initialement prévu pour démarrer en 2026 par le programme d’investissement prioritaire produit par le ministère camerounais de l’Economie, ledit projet devrait plutôt être lancé en 2027 pour s’achever en 2030 pour un coût prévisionnel de 450 milliards de Fcfa. A sa mise en service, il produirait un volume supplémentaire de 400 000 m3 d’eau potable par jour, à partir du fleuve Wouri avec pour objectif de résorber un déficit journalier d’environ 500 000 m3. L’autre défi à régler à travers l’exécution des projets supra mentionnés c’est la multiplication du nombre d’abonnés au réseau de distribution d’eau potable. De l’aveu de Blaise Moussa, le Directeur général de la Camwater, Yaoundé qui dispose d’environ 4 millions d’habitants, ne compte qu’à peine que 110 000 abonnements sur un potentiel de près de 900 000 soit un gap de près de 800 000 abonnements à couvrir.








