Au moment où députés et sénateurs planchent sur le débat d’orientation budgétaire sur le triennat 2025-2027 et la loi des finances rectificative 2024 revue à la hausse à la somme de 7 278,1 milliards de Fcfa, le gouvernement du Cameroun livre l’état de l’exécution du budget au premier trimestre de l’exercice en cours. Ainsi, il ressort que sur des prévisions de recettes de 1293,5 milliards de Fcfa, l’on a recouvré au cours des trois premiers mois de l’année 1195 milliards de Fcfa.
Sur un plan global, les ressources budgétaires totales mobilisées s’élèvent à 1 461,5 milliards et sont en diminution de 76,9 milliards, soit un léger gap de 5% par rapport aux prévisions trimestrielles de 2024. Elles présentent un taux de réalisation de 86,5% fixé à 1 690 de milliards sur la période. Selon le ministère des Finances, cette situation s’explique principalement par la contre-performance enregistrée au niveau des emprunts et de la mobilisation des dons. De fait, au cours du premier trimestre, le Cameroun a dû sursoir à l’exécution stricte de son plan de financement de la trésorerie initial. Celui-ci prévoyait la recherche d’un total de 135 milliards de Fcfa dont 110 milliards de Fcfa en Bons du trésor et 25 milliards de Fcfa en Obligations du trésor assimilables.
S’agissant des émissions des bons du trésor, sur les 87,5 milliards attendus, seuls 47,7 milliards ont été effectivement été collectés, soit un taux de réalisation de 54%. Toutefois, projette le ministère des Finances, bien que le niveau de réalisation soit encore faible, la mobilisation des emprunts et dons connaitra une accélération au cours du second semestre de l’année. Celle-ci va se justifier par l’intensification du rythme d’exécution des projets d’investissement public sur financements extérieurs et des conclusions satisfaisantes des revues du Programme économique et financier conclu avec le FMI. Ce qui va augmenter les décaissements au titre des appuis budgétaires.
Quant aux recettes pétrolières, 167,4 milliards ont été recouvrés à fin mars 2024 sur 202,4 milliards attendus. Du coup, elles enregistrent un taux de réalisation de 82,7% en raison de la baisse de la production nationale et du repli des cours mondiaux du pétrole. Selon le Document de programmation économique et budgétaire 2025-2027, les dépenses courantes augmentent de 111,9 milliards au 1er trimestre 2024, soit 19% en rythme annuel, pour se situer à 699,4 milliards de Fcfa. Les principaux postes de dépenses notamment les dépenses de personnels affichent 24% de taux d’exécution; 7,7% pour les dépenses de biens et services ; et 26,1% pour les dépenses de transferts et subventions.
Pour ce qui est des dépenses d’investissement, elles s’élèvent à 144,7 milliards de Fcfa à fin mars 2024 contre 183,3 milliards à fin mars 2023, soit une diminution de 38,5 milliards. Par rapport à la prévision annuelle, le taux d’exécution de ces dépenses est de 11,6%, contre 12,3% en 2023. En gros, les dépenses budgétaires totales base ordonnancement se chiffrent à 1 468,4 milliards à fin mars 2024, soit un taux d’exécution de 22%. Le service de la dette publique se situe pour sa part à 544,6 milliards de Fcfa à fin mars 2024 contre 652,9 milliards de Fcfa à fin mars 2023, soit une diminution de 108,3 milliards.








