Le 28 janvier dernier, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) du Gabon a conclu avec le groupe franco-britannique Perenco, un accord de vente de ses actifs dans le capital de Rougier Afrique International. Il s’agit d’une participation minoritaire de 35% dans un tour de table détenu à 65% par le concert familial Rougier. Cette participation, estimée par les experts à 38,5 millions d’euros, soit 25,2 milliards de Fcfa, sera cédée au groupe pétrolier dès l’obtention des approbations administratives et réglementaires requises.
Selon des informations d’EcoMatin, l’Etat gabonais s’est retiré du capital du groupe dans l’optique de « se recentrer sur des enjeux purement nationaux ». Libreville envisage donc de prendre l’équivalent des parts cédées dans la société mère, directement dans sa filiale gabonaise, Rougier Gabon, 2e exploitant forestier du pays. La CDC, dirigée par Marius Issa Nkori, va diriger les discussions afin d’intégrer ce tour de table détenu à près de 98 % par Rougier Afrique Internationale selon l’organigramme du groupe.
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Des raisons économiques ont été évoquées, notamment la réorientation directe des recettes des opérations vers le pays. Selon les informations reçues par EcoMatin, le gouvernement voudrait se soustraire aux problèmes de devises, mais également aux taxes et les impositions diverses appliquées dans le pays siège de la holding et impactant directement la valeur des recettes perçues par la CDC. Cette redirection vers la filiale locale serait également motivée par les revenus de celle-ci, plus importants que ceux des autres filiales africaines (Congo et SPS International). Selon le rapport des activités du 1er semestre 2024, Rougier Gabon a généré 20,66 millions d’euros (13,5 milliards de Fcfa) de revenus sur un total de 25,67 millions d’euros enregistrés par la maison mère. De ce fait, elle représente 80,47% du revenu de Rougier Afrique contre 4,72% pour le Congo.
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Restaurer sa souveraineté
Enfin, le Gabon a exprimé la volonté d’être plus présent dans la gestion de ses ressources forestières, dominées par les entreprises étrangères. C’est dans cette optique qu’Oligui Nguema a annoncé, le 31 décembre dernier, le rachat de la Société nationale des bois du Gabon (Snbg) contrôlée auparavant par Arise IIP. Ceci afin de permettre au pays de mettre de nouveau la main sur un marché dont le potentiel financier est estimé à 18,6 milliards d’euros par la Banque mondiale.
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Cette opération s’inscrit en droite ligne de l’action gouvernementale axée sur la restauration de la souveraineté du pays. Des entreprises clé du secteur du pétrole (Assala Energy), de l’aviation (Fly gabon) et du commerce (Cecagadis) sont déjà retournées dans le patrimoine de l’État et « plusieurs autres secteurs suivront dans le respect des lois et règlements en vigueur », a déclaré le président de la République du Gabon lors de son adresse à la nation.








