Une forte odeur de malversations financières par des agents de l'État plane sur le Gabon, selon un constat dressé par le Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou. « Les uns et les autres sont appelés à restituer les sommes qui ont été distraites, à hauteur globalement de 1 700 milliards de FCFA », a-t-il confié dans les colonnes du quotidien national L'Union, dans sa parution du mercredi 2 septembre 2026.
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À ce stade, aucun détail n'est donné sur la période pendant laquelle ces fonds auraient été détournés, ni sur le recueil des décisions et avis, les arrêts rendus, les justiciables concernés ou les montants en cause. Cet « équivalent du budget de certains pays » a néanmoins été débusqué au cours d'une récente mission de contrôle, menée afin d'accompagner les réformes nécessaires à l'amélioration des services. Les équipes de la juridiction financière, bras séculier de l'État en matière de promotion de la bonne gouvernance, ont sillonné plusieurs secteurs de la vie nationale, notamment la sécurité sociale, les évacuations sanitaires et le Fonds des Gabonais économiquement faibles. Mieux encore, « deux audits ont également été réalisés sur la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) », apprend-on auprès du média gouvernemental.
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L'audit de la Cour des comptes n'est pas anodin, au regard des récents développements concernant les entités directement mises en cause. On se souvient notamment qu'en janvier 2025, la Caisse nationale d'assurance-maladie et de garantie sociale, organisme à capitaux publics, avait été déclarée persona non grata dans les structures pharmaceutiques du pays, pour défaut de paiement. « La Cnamgs ne rembourse plus les médicaments que nous délivrons à ses assurés. C'est la raison pour laquelle nous n'acceptons plus sa caution », déclaraient alors les syndicalistes.
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L'institution avait pourtant été mise en place en 2007, dans le but de garantir la couverture maladie à l'ensemble de la population gabonaise et d'assurer le service des prestations familiales aux Gabonais économiquement faibles (GEF). Et justement, Libreville prépare un nouveau recensement des Gabonais économiquement faibles, trois ans après la précédente opération, réalisée en août 2023.
Depuis 2020, le Fonds monétaire international (FMI) préconisait déjà au Gabon de prendre des mesures pour améliorer la gouvernance et lutter contre la corruption, en vue d'accroître les recettes intérieures et d'améliorer la qualité des dépenses publiques. L'institution de Bretton Woods insistait notamment sur la nécessité de renforcer les organismes spécialisés dans la lutte contre la corruption et d'accroître la transparence dans la gestion des affaires publiques.
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Si le pays parvenait donc à récupérer l'intégralité des fonds présumés détournés, ceux-ci pourraient constituer un matelas de réserve non négligeable et permettre au Trésor public de souffler quelque peu, face au poids d'une dette publique qui dépasse désormais les 90 % du PIB - largement au-dessus du seuil communautaire de 70 % fixé par la Cemac. De quoi, potentiellement, desserrer l'étau budgétaire et redonner à l'État quelques marges de manœuvre pour financer ses priorités sociales.








