Selon les conclusions de l’audit technique mené par la multinationale française Suez et rendues publiques le 15 juillet dernier, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) subit des pertes annuelles de 50 % de sa production, estimées entre 110 et 125 millions de mètres cubes d’eau potable perdus chaque année. Cette étude a été commandée dans le cadre d’un partenariat public-privé initié le 29 mai 2024 à Paris, d’un montant de 200 millions d’euros (environ 131 milliards de FCFA), visant à moderniser les infrastructures de production et de distribution d’eau à Libreville et dans les grandes villes du pays.
« Il est crucial que la SEEG renforce ses circuits de transport, depuis les stations de production et de traitement jusqu’aux réservoirs de stockage », ont souligné des responsables de Suez. Selon eux, les fuites, le vieillissement des canalisations et l’absence de maintenance préventive sont à l’origine de ces pertes massives. « Actuellement, moins de la moitié de l’eau produite parvient aux citoyens. En renforçant les équipements de transport et en optimisant les réseaux, il serait possible de stocker jusqu’à 90 % de la ressource produite », ont-ils précisé.
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Dans ce contexte, Suez recommande à la SEEG d’anticiper la demande croissante en eau potable, notamment dans un contexte d’urbanisation rapide et mal planifiée. Cette dynamique, marquée par une extension anarchique des zones urbaines, pourrait constituer un frein à l’efficacité des investissements prévus. Le récent coup de pouce de la Banque africaine de développement (BAD) illustre cependant les avancées possibles.
En effet, le 16 juin dernier, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a inauguré, aux côtés du président de la BAD, Akinwumi Adesina, une nouvelle station de pompage dotée d’une capacité de 57 600 m³ par jour, destinée à alimenter environ 128 000 habitants dans sept quartiers situés au nord de Libreville.
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De plus, cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du Programme intégré d’alimentation en eau potable et d’assainissement de Libreville (PAIEPAL), financé à hauteur de 77 milliards de FCFA. Le projet bénéficie notamment d’un appui financier de la BAD (75,4 millions d’euros, soit environ 49,4 milliards de FCFA) et du fonds Africa Growing Together Fund (AGTF), soutenu par la Banque populaire de Chine (42 millions d’euros, soit 27,5 milliards de FCFA). L’objectif : améliorer l’accès à l’eau potable dans le Grand Libreville, tout en renforçant la gouvernance et les capacités opérationnelles du secteur.
Rappelons que l’accompagnement technique de Suez, partenaire du groupe PDB de Parfait Duffy Bibangbi-Obame, s’inscrit dans cette dynamique de modernisation. Signé le 29 mai 2024 à Paris, cet accord de partenariat prévoit une implication active de la multinationale dans la rénovation du réseau de distribution, la formation du personnel local et la mise en œuvre de technologies plus efficientes.



