En cas d'absence de mesures, le Grand-Libreville (Libreville, Owendo, Akanda, Ntoum et la Pointe Denis) pourrait être confronté à des difficultés d'approvisionnement en énergie électrique, selon une note publiée le 4 septembre par la Société d'Energie et d'Eau du Gabon (SEEG). Dans cette optique, la société déclare que « Le Grand Libreville est confronté à une crise énergétique sans précédent, ce qui entraîne des perturbations dans la fourniture d'électricité ». Selon elle, cette crise est causée par un manque de 60 mégawatts, suite à la diminution significative du niveau d'eau des barrages hydroélectriques de Kinguélé-Tchimbélé, ce qui a entraîné une exploitation restreinte des groupes de l'usine.
En plus de cela, il faut prendre en compte l'indisponibilité de plusieurs installations de production des centrales thermiques d'Alénakiri et d'Akournam, qui fournissent 50 % des besoins énergétiques actuels du Grand Libreville. Pour éviter un effondrement complet du réseau électrique, la SEEG affirme qu'elle devra réaliser des délestages rotatifs d'une durée moyenne de 3 heures, 2 à 3 fois par jour, dont le calendrier prévisionnel sera désormais accessible sur les réseaux sociaux officiels de la SEEG, à partir du mercredi 04 septembre 2024. Cependant, en attendant le retour des précipitations, la SEEG annonce qu'elle se concentre sur la réparation des équipements qui ne sont pas disponibles.
Cette situation de délestage de l’énergie électrique dans le Grand-Libreville survient dans un contexte marqué par la mise sous administration provisoire de la SEEG pour gestion désastreuse, selon un communiqué diffusé le 27 août dernier par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Selon le CTRI, l'entreprise fait face à une crise diversifiée qui entraîne des interruptions d'approvisionnement et des délestages, « au mépris des utilisateurs dont la patience a atteint ses limites ». Selon lui, « en dépit du retard pris sur les infrastructures, il est évident que la situation de la SEEG est principalement due aux lacunes et aux erreurs de gestion ».
Dès lors, le président de la transition a prescrit, le 23 août dernier un audit pour faire la lumière sur la gestion douteuse du top management. Il convient de souligner que la SEEG est bouleversée par une affaire de détournements de ses recettes par ses partenaires. Selon l'entreprise, ces partenaires ont mis en place un réseau parallèle de vente de billets d'électricité prépayés sur tout le territoire national. Un réseau de ventes parallèles appelé « Edan » (unités de consommation d'eau et d'électricité au Gabon : Ndlr) qui n'est pas pris en compte par la SEEG, entraîne de grandes pertes financières pour cette entreprise déjà en difficulté. Le directeur général de la société, Joël Lehman Sandoungout, a admis qu'il s'agissait d'un "piratage informatique ».
Mais selon une source proche du dossier, les parrains de cette mafia sont des puissants hommes d’affaires, dont certains financent les projets initiés par les militaires au pouvoir Ces hommes d'affaires ont mis en place un système de vente parallèle des tickets d'électricité en tant que prestataires de la SEEG. Plusieurs milliards de francs CFA ont été détournés au cours de plusieurs années. La société SEEG a déposé une plainte contre X et l'entreprise Sygma Technologie, l'un de ses partenaires, dont un code IP en communication avec le serveur de la SEEG a été découvert dans ses installations.








