Libreville tend inexorablement vers la scission des activités d’eau et d’électricité de la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG). Réuni le 25 juin sous la présidence du chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a examiné un projet de loi portant création de deux nouvelles sociétés publiques : la Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon.
Selon le communiqué final, cette réforme structurelle vise à doter les secteurs de l'eau potable et de l’électricité d'opérateurs publics dédiés et spécialisés. Ces derniers agiront sous la forme de sociétés d'économie mixte chargées d'assurer, pour le compte de l'État, l'exploitation du service public de l'eau potable — notamment à travers la production, le transport, le stockage, la distribution et la commercialisation —, ainsi que le renforcement des infrastructures. « La création de ces entités vise à garantir la continuité et l'amélioration du service public, à renforcer les capacités de gestion des infrastructures hydrauliques et énergétiques, et à accompagner les objectifs nationaux d'accès universel à l'eau potable et à l'électricité », lit-on.
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Le projet de loi approuvé par le Conseil des ministres devra être examiné et adopté par le Parlement gabonais. Cet éclatement de la SEEG entraînera d'importantes mutations, notamment la redéfinition du capital social des nouvelles structures et la nomination de dirigeants, alors que la SEEG, vieille de 76 ans, est actuellement dirigée par Steeve Saurel Legnongo. Soulignons que cette scission n’est pas fortuite. Elle concrétise l'une des promesses phares du projet de société de Brice Clotaire Oligui Nguema pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. L'objectif est de redynamiser une entreprise en proie à un lourd déficit d’investissements ces dernières années. A ce propos, la présidence avait déjà annoncé, en juin 2025, la validation d’un vaste plan de 1 000 milliards FCFA pour restructurer et rentabiliser le secteur.
Privatisation
Pour rappel, après sa création en 1970, la SEEG a été privatisée 27 ans plus tard. En 1997, le groupe français Générale des Eaux (devenu Veolia) a obtenu la concession du service public d’eau et d’électricité au Gabon en signant un contrat de 20 ans, devenant ainsi l’actionnaire majoritaire de la compagnie avec 51 % des parts, contre 49 % pour l’État. Les deux décennies qui ont suivi ont été marquées par une relance des investissements visant à améliorer le service. « Cette capacité à investir a été le moteur de l’accroissement du nombre de nos abonnés, passé de 100 000 à 294 552 pour l’électricité et de 59 000 à 171 935 pour l’eau entre 1997 et 2016 », précise l'entreprise.
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En revanche, la période entre 2018 et 2025 a été caractérisée par une profonde instabilité au niveau du top management, avec la succession de 10 directeurs généraux en sept ans, alternant entre administrations provisoires et dirigeants de plein exercice. Malgré une injection de plus de 200 milliards FCFA en 2024 et 2025 pour optimiser le réseau, les délestages persistent.
Les données récentes de la Banque mondiale (février 2026) présentent des disparités : 90 % de la population urbaine a accès aux services d'eau de base et 94 % à l'électricité au Gabon. Cependant, seulement 55 % de la population rurale du Gabon a accès à l'eau et 29 % à l'électricité.
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