Entre janvier et juin 2025, l’industrie du manganèse au Gabon a généré 365,18 milliards FCFA de chiffre d’affaires, selon la dernière note de conjoncture économique publiée par le ministère de l’Economie et des Finances. Ces revenus affichent une baisse de 8,7% en glissement semestriel et 32,7 milliards FCFA de moins qu’à la même période un an plus tôt. Selon le ministère gabonais, cette contraction résulte d’ « un affaiblissement continu de la demande et des contraintes techniques et sociales ».
En effet, l’activité extractive continue de pâtir d’une faible demande internationale. L’équilibre mondial entre l’offre et la demande de minerai de manganèse est excédentaire en raison d’une surproduction en fin 2023. Selon le Shangaï Metal Market (SMM, principale plateforme intégrée chinoise d'informations et d'analyses pour les marchés des métaux ferreux et non ferreux), le surplus qui s'est prolongé successivement en 2024 et 2025, du fait d'une demande de l'industrie sidérurgique (acier) beaucoup plus faible que prévue. Le groupe Eramet, maison mère de la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog) au Gabon, décriait en octobre dernier dans son rapport d’activité T3 2025, la persistance de ce déséquilibre qui « reste légèrement ressenti malgré un retour à la normale des prix de références ».
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Comme en témoigne la note de Conjoncture, le prix moyen du manganèse gabonais sur le marché international a dégringolé durant le 3ème trimestre 2024 pour s’établir à 6 683 FCFA/tonne, en raison de la surproduction. Depuis, celui a repris, marquée par une hausse notable à 91 387 FCFA/tonne à fin juin 2025, visiblement peu suffisant pour inverser la tendance baissière du chiffre d’affaires.
Pour ce qui est des contraintes techniques et sociales évoquées dans le document, les autorités gabonaises pointent du doigt la vétusté des installations à Ndjolé, dans la province du Moyen-Ogooué, un arrêt technique de deux semaines observé durant le mois d’avril par la Nouvelle Gabon Mining (NGM), ainsi qu’un mouvement social sur le site industriel de Franceville, exploité par Comilog. Toutes choses qui ont conduit à une baisse de 7,8% de ma production à 4 553 360 de tonnes, tandis que les exportations ont tablé à 4 126 587 tonnes (-6,2%) sur la période sous revue.
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Le reste de l’année ne s’annonce pas plus reluisante pour le manganèse gabonais car Comilog, cœur battant de l'économie minière avec 65% de parts de marché, a enregistré un fléchissement de 29% de sa production au troisième trimestre, soit 2,1 millions de tonnes. Une baisse que l’entreprise détenue à 63,7 % par Eramet et 28,9 % par l'État gabonais, impute aux difficultés d’acheminement sur la ligne du Transgabonais, alors que Libreville prépare l'interdiction des exportations de minerai brut dès 2029.








