À deux mois de la clôture de l’exercice budgétaire, le Fonds monétaire international (FMI) revoit à la baisse les ambitions de croissance du Gabon. Dans son rapport d’octobre sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne, l’institution abaisse sa prévision de croissance 2025 de 2,8 % à 1,9 % du PIB, bien en deçà des 3,2 % anticipés par le gouvernement.
En plus de la révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2025, le FMI maintient une projection de 2,6 % pour 2026, inchangée depuis avril. Ce niveau reste toutefois très éloigné des ambitions affichées par le gouvernement gabonais, qui table sur une expansion de 7,9 %. Autrement dit, les estimations du Fonds sont plus de trois fois inférieures aux objectifs officiels, illustrant le décalage persistant entre la vision prudente des bailleurs de fonds et l’optimisme de Libreville.
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Autre indicateur, c’est le taux d’endettement projeté à 82% du PIB, une révision à la hausse de 2,8 points, signalant une forte dégradation et plaçant le pays bien au-dessus de la norme communautaire CEMAC de 70%du PIB. Cette prévision est en net décalage avec l'objectif de Libreville qui table sur une stabilisation à55% du PIB. Parallèlement, le FMI anticipe un creusement du déficit budgétaire, le solde négatif passant de -6,2% à -7,2 % du PIB entre avril et octobre, ajoutant une pression sur les finances publiques. Seule l'inflation reste contenue, projetée par le FMI à 2,5 % soit 0,1 point de moins que les prévisions gouvernementales, restant ainsi dans les clous de la convergence CEMAC.
Si le FMI n’avance pas les raisons, l'agence de notation américaine Fitch Ratings a émis des réserves explicites sur la crédibilité du budget 2026 dans une analyse critique publiée le 3 octobre. Le Gabon table sur une forte augmentation de son budget global, prévoyant un relèvement des dépenses à 3 579 milliards FCFA (79%), ambition portée par une augmentation massive des dépenses d'investissements (estimée 570% par les autorités).
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En revanche, l'agence de notation estime que le pays d'Oligui Nguema sera confronté à la conjoncture actuelle des marchés et à l'instabilité de sa ressource principale, le pétrole, qui génère 60% des recettes fiscales et plus de 80% des recettes d'exportation selon la Banque mondiale. En effet, alors que le prix du pétrole augmenterait de 5% à 65,2 dollars le baril, la production chuterait à83 millions de barils (-3%), selon le projet de loi de finance du Gabon. De plus, des baisses sont projetées pour d'autres matières premières clés : le prix de vente de l’or baisserait à 2 049,5 ($US/l'once) et la production de manganèse diminuerait à 8 855,4 tonnes (-3,3%).

