Au premier trimestre 2024, le Gabon enregistre une hausse spectaculaire de son taux d’intérêt bancaire moyen, qui atteint désormais 17,19% contre 10,94% un an plus tôt. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de renchérissement général des conditions de crédit bancaire dans toute la zone Cemac (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale), malgré la relative stabilité des taux débiteurs de la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) entre le 1er trimestre 2023 et le 1er trimestre 2024.
En comparaison avec ses voisins, le secteur bancaire gabonais dont l’encours de crédits à l’économie se situe à 1 895,09 milliards de Fcfa à fin mars 2024, affiche désormais le taux effectif global (TEG) le plus élevé de la sous-région. A la même période, la République Centrafricaine (15,62% au 1er trimestre 2024 contre 13,38% un an plus tôt) présente également un taux élevé. A l’inverse, le Cameroun (8,80% au 1er trimestre 2024 contre 7,60% un an plus tôt) et la Guinée Equatoriale (10,71% au 1er trimestre 2024 contre 10,94% un an plus tôt) affichent une situation modérée, tandis que le Congo (9,10% au 1er trimestre 2024 contre 9,41% un an plus tôt) et le Tchad (5,61% au 1er trimestre 2024 contre 10,25% un an plus tôt) enregistrent des taux en baisse.
De manière globale, l’augmentation des taux d’intérêt dans certains Etats de la Cemac découle principalement de la progression des frais liés à l’emprunt. Ces coûts, qui ont bondi de 2,13% à 3,82% entre le premier trimestre 2023 et le premier trimestre 2024, ont contribué à l’augmentation du TEG moyen dans toute la région, lequel est passé de 8,40% à 10,45%. Si la Beac n’a pas précisé les raisons exactes de cette hausse, l’impact sur le crédit octroyé aux agents économiques est notable. En effet, les nouveaux prêts accordés au sein de la sous-région ont légèrement reculé, passant de 2 442,1 milliards de Fcfa au premier trimestre 2023 à 2 427,7 milliards de Fcfa en 2024.
Par type d’emprunteur, hormis les administrations publiques qui enregistrent une baisse du TEG des concours qu’elles reçoivent des banques, toutes les autres catégories ont subi une hausse substantielle du taux de sortie des crédits bancaires. Les plus fortes hausses de TEG s’observent au niveau des particuliers (16,68% contre 14,3% un an plus tôt), et des grandes entreprises (9,73% contre 6,84% un an plus tôt), alors que les PME et les autres personnes morales enregistrent des progressions modérées, selon le dernier rapport de la banque centrale sur la politique monétaire. Avec cette dynamique, les agents économiques de la zone Cemac devront composer avec des conditions de financement de plus en plus coûteuses, risquant de freiner les investissements dans une région où l’accès au crédit est déjà un enjeu majeur.








