Les investisseurs continuent de prêter au Cameroun à un coût inférieur à celui exigé des autres États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), malgré des taux d'intérêt qui demeurent élevés dans l'ensemble de la région. Les dernières statistiques publiées par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) montrent qu'en juillet, les obligations assimilables du Trésor (OTA) camerounaises ont été émises à un coût moyen de 7,36 %, contre 10,13 % pour le Gabon, 10,24 % pour la République centrafricaine, 11,73 % pour le Congo et 11,90 % pour le Tchad. À la même période un an en arrière, le Cameroun emprunt à un taux moyen de 8,29% ce qui signifie que les investisseurs ont allégé leurs conditions pour la première économie de la région.
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Cette tendance est également perceptible sur les bons du Trésor assimilables (BTA), qui sont les titres de créances d’une maturité de moins d’un an. Le Cameroun s'est financé à un coût moyen de 6,97 %, contre 7,10 % un an plus tôt. La baisse est certes plus limitée que sur les obligations, mais elle contraste avec une moyenne régionale qui demeure élevée, à 6,83 %, et avec des rendements de 7,24 % au Congo, 7,87 % en Guinée équatoriale et 6,91 % au Tchad.
Une demande plus soutenue
Cette amélioration relative intervient alors que les émissions camerounaises continuent de susciter un fort intérêt des investisseurs. En juillet, les souscriptions aux OTA du Cameroun ont représenté 121,75 % des montants recherchés, soit le meilleur taux de couverture de la sous-région, devant le Congo (91,28 %), le Tchad (72,27 %), le Gabon (61,27 %) et la République centrafricaine (57,43 %). Sur le compartiment des BTA, le Cameroun affiche également un taux de souscription de 97,44 %, supérieur à la moyenne régionale de 75,66 %.
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Cette dynamique ne signifie toutefois pas que le Cameroun bénéficie d'un financement bon marché. Avec des rendements compris entre près de 7 % sur les titres de court terme et plus de 7,3 % sur les obligations, l'État continue d'emprunter à des niveaux historiquement élevés, conséquence du resserrement monétaire engagé par la BEAC depuis 2022 pour contenir les tensions inflationnistes et préserver les réserves de change. Les statistiques montrent néanmoins que les investisseurs acceptent une rémunération sensiblement inférieure à celle exigée des autres grands souverains de la CEMAC.
Des besoins de financement toujours importants
Le Cameroun demeure l'un des principaux emprunteurs du marché régional, avec un encours de titres publics de 2 061,3 milliards de FCFA à fin juillet, en hausse de 2,6 % sur un mois. Il reste toutefois derrière le Gabon (3 424,1 milliards de FCFA) et le Congo (3 040,8 milliards de FCFA), tandis que l'encours global du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC atteint désormais 10 560,8 milliards de FCFA, en progression de 3,3 % sur un mois et représentant 13,3 % du PIB de la sous-région.
Cette montée des besoins de financement continue d'alimenter l'activité du marché. En juillet, le taux moyen de souscription des émissions est remonté de 72,44 % à 76,23 %, tandis que la participation des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) est passée de 20,13 % à 22,05 %. Les échanges sur le marché secondaire ont également progressé, les opérations d'achat-vente atteignant 3 316 milliards de FCFA, contre 2 570,5 milliards un mois plus tôt.












