À mesure que les dépôts bancaires progressent au Cameroun, les particuliers prennent une place de plus en plus visible dans les bilans des banques. À fin mai 2026, ils avaient confié 3 391,7 milliards de FCFA aux établissements de crédit, soit 35,3 % de l’ensemble des dépôts. Une proportion presque équivalente à celle des entreprises privées, qui concentrent 35,6 % des ressources collectées. Mais lorsqu’il s’agit de distribuer le crédit, les particuliers ne captent que 1 550,2 milliards FCFA, soit 22,1 % des financements bancaires.
Le décalage s’est même accentué depuis le début de l’année. Entre décembre 2025 et mai 2026, les dépôts des particuliers ont augmenté de 161,2 milliards de FCFA, soit 5 %, tandis que les crédits qui leur sont accordés n’ont progressé que de 28,4 milliards, ou 1,9 %.
Afriland capte 1/3 de l’argent des ménages
Toutes les banques ne sont pas logées à la même enseigne. Afriland First Bank domine très largement la collecte auprès des particuliers, avec 1 052,5 milliards FCFA d’encours à fin mai. La banque camerounaise concentre ainsi à elle seule 31 % de l’épargne bancaire des particuliers. Elle distance CCA Bank, deuxième avec 433 milliards, puis Bicec (333,8 milliards), General Bank of Cameroon (285,1 milliards) et SCB Cameroun (282,9 milliards).
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Du côté des crédits, Afriland reste en tête avec 407 milliards FCFA accordés aux particuliers, soit un taux de transformation de 39 %. Chez CCA, ce ratio ressort à 47 %. Il atteint en revanche environ 86 % chez Société Générale Cameroun, 67 % chez SCB et 62 % chez UBA. À l’autre extrémité, BGFI Bank dispose de 130,3 milliards de FCFA de dépôts de particuliers mais ne leur accorde que 15,3 milliards de crédits. CBC affiche 133,9 milliards de dépôts pour 21,8 milliards de prêts, et Ecobank 186,4 milliards contre 37,7 milliards. Ces ratios ne constituent pas des coefficients réglementaires de transformation – les banques ne financent pas séparément chaque catégorie de clientèle avec les dépôts qu’elle apporte –, mais ils donnent une indication sur leur positionnement commercial.
Le particulier son crédit plus cher
Les ménages ne sont toutefois pas les grands oubliés du crédit bancaire camerounais. Avec 22,1 % des encours, ils constituent la deuxième grande catégorie de bénéficiaires derrière les entreprises privées non financières, qui absorbent à elles seules 3 927,6 milliards de FCFA, soit 55,9 % des crédits du système à fin mai. Les entreprises publiques disposent, elles, de 657,3 milliards, soit 9,35 % du portefeuille bancaire, tandis que l’administration centrale concentre environ 598,3 milliards, ou 8,5 %. Les entrepreneurs individuels représentent encore 228,9 milliards, soit 3,3 %.
Selon les dernières données disponibles sur le taux effectif global (TEG), le coût moyen des crédits accordés aux particuliers atteignait 14,97 % au premier trimestre 2025, contre 14,52 % un an auparavant. À titre de comparaison, les PME empruntaient en moyenne à 11,84 %, les grandes entreprises à 6,88 % et les administrations publiques et collectivités locales à 7,28 %.
Autrement dit, un particulier supportait en moyenne un coût du crédit plus de deux fois supérieur à celui d’une grande entreprise. Même les PME, souvent considérées comme des emprunteurs risqués, bénéficiaient d’un taux inférieur de plus de trois points. Cette différence tient notamment au profil de risque, aux garanties disponibles, aux montants unitaires des prêts et au coût de traitement d’une clientèle nombreuse.
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