Au Gabon, le syndicat des sociétés sous-traitantes du secteur pétrolier, membre l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) menace de paralyser les activités du secteur dès fin décembre si les engagements pris par les employeurs ne sont pas appliqués. L’annonce, rendue publique le dimanche 23 novembre, s’accompagne d’un avertissement ferme. « Si d’ici le 31 décembre, rien ne bouge, alors ce n’est plus une revendication : c’est une riposte, c’est la dignité des travailleurs qui parle et c’est le refus catégorique de continuer dans la précarité pendant que d’autres prospèrent sur nos efforts », préviennent-ils.
Les travailleurs dénoncent notamment des inégalités salariales persistantes entre employés locaux et étrangers, la suppression de plusieurs primes essentielles et l’absence d’assurance maladie privée malgré les risques de leurs métiers. Regroupant opérateurs, techniciens et personnels de soutien, ils affirment constituer « ceux qui créent la richesse » dans un secteur qui assure près de 60 % du budget de l’État. Ils exigent des mesures concrètes en matière de justice sociale, de protection et de reconnaissance professionnelle.
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Dans un contexte de fluctuation des cours du brut sur le marché international et la baisse de la production nationale tombée sous 200 000 barils par jour selon l’OPEP, due au vieillissement des champs matures et des arrêts techniques par certains opérateurs, une grève générale à la fin décembre pourrait fortement perturber une poche de recettes importante de l’Etat. D’après les prévisions budgétaires de septembre dernier, le Gabon prévoit de mobiliser 1 600 milliards FCFA de recettes pétrolières en 2026, sur les recettes brutes de l’État qui se chiffrent à 4 327,2 milliards FCFA. Soit 1 525 milliards FCFA issus directement du secteur pétrolier et 75 milliards de revenus de participations.
Cette montée de tension intervient dans un climat social déjà tendu depuis plusieurs mois. En octobre, l’absence de TotalEnergies à l’ouverture de la Commission pour le dialogue social avait provoqué une vive réaction de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), qui avait dénoncé une attitude « dilatoire ». Malgré l’accord signé entre Gab’Oil et l’ONEP en août dernier, portant sur plus de la moitié des 19 revendications déposées en mai, les frustrations du personnel du secteur hydrocarbures demeurent vives.
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