Les tensions entre le gouvernement gabonais et le trader Suisse Augusta Energy semble s'être totalement apaisés. C’est du moins ce que laisse traduire les accords que viennent de signer les deux parties, selon les informations relayées par nos confrères de Africa Intelligence. Augusta Energy serait alors rétabli sur le marché d’enlèvement des résidus atmosphériques (produit restant après la distillation du pétrole brut, Ndlr) de la Société de raffinerie de pétrole (Sogara) qu’elle avait perdu en 2020, suite à une rupture de son contrat par le gouvernement de l’époque de Libreville.
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La nouvelle collaboration entre Augusta Energy et le gouvernement gabonais sur la base de l’accord signé « prévoit l'abandon des poursuites judiciaires lancées à l'encontre de l'entreprise et le versement d'une indemnité de 25 millions de dollars (15,5 milliards de Fcfa) en sa faveur », rajoute Africa Intelligence.
Aux origines
La signature de ce nouvel accord entre les deux parties vient alors mettre un terme à long feuilleton entre le gouvernement gabonais et Austa Energy. En effet, c’est en décembre 2017 que le trader suisse décroche le marché d’enlèvement de 500 000 tonnes de résidu atmosphérique (RAT-Rabi) produites par la Sogara -société absorbée la Gabon Oil Company (GOC)-. Ledit contrat qui prenait effet à partir de janvier 2018 courrait sur 4 ans, soit jusqu’en décembre 2022. L’une des clauses de cet accord prévoyait notamment le préfinancement des opérations d’enlèvement de résidus atmosphériques par Augusta pour un montant de 164 milliards de Fcfa (250 millions d’euros) a effectué sur plusieurs tranches. Sauf que en date du 2 octobre 2019 l’entreprise indiquait avoir versé la totalité des fonds mais à l’examen des comptes de la Sogara, seuls 50 milliards de Fcfa avaient été versés sur la période 2018-2019. Lors d’une audience d’instruction sur des faits de corruption sur ce dossier, il avait été révéler que sur les 130 milliards de Fcfa injectés par Augusta Energy dans les caisses de la Sogara, 109 milliards de Fcfa ont été sortis des caisse de la raffinerie publique vers des destinations inconnues.
Ce différend financier marquait alors le début d’un long feuilleton entre les deux partenaires. Celui-ci ira jusqu’à la suspension en juin 2020 par le gouvernement conduit par Ali Bongo de toute collaboration entre le pays et Augusta Energy. Libreville « accusant le groupe de leur avoir imposé des termes léonins.» selon Africa Intelligence. Justifié d’une part par les capacités de production de la Sogara ne pouvant pas permettre d’atteindre des résidus de 5000 000 tonnes. En effet, la production moyenne de la raffinerie était de 350.000 tonnes métriques/an (TM) rendant la fourniture de 500 000 TM de résidus prévus dans le contrat inatteignable sauf augmentation de ses capacités de production. D’autre part le gouvernement reprochait aussi à cet accord une signature de ce contrat sans appel d’offres, ce qui était en contradiction avec la réglementation en matière de marchés publics.
Rappelons ici que les différentes tractations autour du dossier impliquaient plusieurs personnalités publiques de l’époque.
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