Des projets structurants sont annoncés dans la Nyanga, l’une des neuf provinces du Gabon présentée comme un « scandale géologique » du fait de ses ressources naturelles : pétrole, gaz, marbre et roches rares. En effet, lors de sa récente tournée à l’intérieur du pays, Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef de l’Etat du Gabon, a annoncé, le 20 juillet dernier, « la relance de l'exploitation du marbre à Doussiéguoussou, avec la construction d’une usine près de Tchibanga, la construction d'un port en eau profonde à Mayumba ».
Par ailleurs, le numéro 1 gabonais a aussi annoncé la livraison prochaine d'une centrale électrique thermique à gaz de 10 MW en 2025 qui devrait conduire la province à connaître une certaine autonomie sur le plan énergétique. Sans oublier l'exploitation imminente des grands projets miniers de Milingui et de Potasse de Ndindi dans la Haute Banio. Parmi tous ces projets, le plus emblématique est le port en eau profonde de Mayumba. Car, il permettra aux navires commerciaux d’accoster directement sans avoir besoin de passer par un intermédiaire comme celui d’Owendo. Ce qui va réduire les délais de livraison et d’exportation. Les coûts de transport aussi vont diminuer.
Cela fait près de quatre ans que ce projet maritime est en dormition. En effet, l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag) et la société Sustainable forestry management Africa (SFM Africa) ont signé le 18 mars 2019 à Owendo au siège de l’Oprag, une convention pour la mise en route du projet de construction du port de Mayumba. Cette convention devait permettre à l’entité publique Grande Mayumba Development Company (GDMC), constituée à cet effet, de mener à bien ce projet devant permettre le développement d’un espace forestier et rural de 631 000 hectares et une zone marine de 260 900 hectares. L’exploitation forestière, la transformation du bois, l’agro-industrie, la pêche, l’écotourisme et le développement des infrastructures, sont les six composantes de ce projet.
« Les ressources naturelles du Gabon sont de classe mondiale et Grande Mayumba mettra l’homme et la nature au cœur du développement. Nous avons maintenant une base solide et une feuille de route claire pour développer le projet », avait expliqué Alan Bernstein, le PCA de SFM Africa à la presse locale.
Du côté de l’Office des ports et rades du Gabon, partenaire du projet, l’on entrevoyait déjà les retombées. « Le développement du quai de lagunaire de Mangali permettra au Sud du Gabon de bénéficier d’un développement économique accéléré en fournissant une solution logistique et un accès de meilleure qualité, plus économique et plus fiable », avait déclaré Landry Régis Laccruche Lelabou, ex-directeur général de l’Oprag. Seulement depuis lors, ce projet dort dans les tiroirs de l’administration.








