visa-2026-08-01
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Je me connecte
Magazine
    Bientôt disponible...
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEpremium

Groupe UBA : comment la Côte d’Ivoire a pris le dessus sur le Cameroun en 2025 

 Avec 126,6 milliards de nairas de bénéfices en 2025, la filiale ivoirienne de UBA dépasse nettement le Cameroun, longtemps locomotive du groupe en Afrique francophone. Un basculement porté par l’envolée du coût du risque côté camerounais, dans un contexte marqué par le départ du directeur général Jude Anele. Décryptage.

Publiée mardi 28 avril 2026 à 12:27:24Modifiée mardi 16 juin 2026 à 16:05:26Temps de lecture 5 minPar Cedrick JIONGO

489452192_1094119169419120_2121952461680992298_n
Tony Elumelu prend la parole à Yaoundé lors des Rencontres économiques organisées par le GECAM en 2025. © Facebook UBA Cameroon

Longtemps pilier de la rentabilité de United Bank for Africa (UBA) en Afrique francophone, le Cameroun a cédé sa place en 2025 à la Côte d’Ivoire, désormais premier contributeur africain au bénéfice du groupe hors Nigeria. Selon les états financiers audités publiés par la banque nigériane, la filiale ivoirienne a généré un bénéfice avant impôt de 126,6 milliards de nairas (environ 52 milliards XAF) en 2025, plus du double des 57,2 milliards (environ 23,4 milliards XAF) enregistrés un an plus tôt. À l’inverse, la performance de la branche camerounaise s’est nettement repliée à 61,9 milliards de nairas, contre 96,6 milliards en 2024. 
 
Le Cameroun rattrapé par le coût du risque

Opérationnelle depuis décembre 2007 dans la première économie de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), la filiale camerounaise du groupe présidé par Tony Elumelu a vu ses revenus, en 2025, chuter de 6% à 188 milliards de nairas tandis que les charges ont progressé (+5%) 97,1 milliards. Mais le principal facteur de dégradation du résultat reste le coût du risque. En 2025, UBA Cameroun a dû provisionner près de 18 milliards de nairas, contre à peine 1,7 milliard un an plus tôt. Autrement dit, une part croissante des revenus a été absorbée par la couverture de créances douteuses, ce qui a directement pesé sur la rentabilité, le bénéfice net chutant de 36% à 41,5 milliards de nairas.

Lire aussi: UBA Cameroun : Une belle progression du résultat (classement des banques)

La suite après cette publicité
diamondcapitalconvention-2026-08-18-in article

54% des actifs en titres publics

Dans une note publiée l’an dernier, Fitch Ratings soulignait déjà la fragilité du modèle de UBA Cameroun. Selon l’agence, la banque est « très exposée » à quelques gros clients (les 20 principaux représentant près de 73 % des crédits) et à des secteurs sensibles comme le pétrole et le gaz, qui pèsent à eux seuls environ 40 % du portefeuille. À cela s’ajoute une dépendance importante aux États de la sous-région. Fitch indique que plus de la moitié des actifs de la banque (54 %) sont investis en titres publics. « Dans un environnement marqué par des tensions budgétaires, il suffit que quelques gros clients rencontrent des difficultés pour que l’impact soit immédiat sur les comptes de la banque », commente un banquier, qui conclut : « La réduction de l’exposition souveraine devient indispensable. C’est vrai pour UBA, mais aussi pour l’ensemble des banques camerounaises ».

Lire aussi: Cameroun : Fitch salue la solidité financière d’UBA, mais alerte sur la vulnérabilité de ses actifs

Malgré cette contre-performance, le Cameroun demeure un marché structurant pour UBA. La filiale affiche un total de bilan de plus de 2 050 milliards de nairas, en progression, tandis que les dépôts ont augmenté de 1 480 milliards à 1 596 milliards, signe d’une base clientèle toujours solide. Les encours de crédits ont également progressé, passant de 551 milliards à 641 milliards de nairas. 

Abidjan, moteur de croissance et de rentabilité
 
À l’inverse, la filiale ivoirienne affiche une trajectoire spectaculaire portée par la hausse de ses revenus et surtout par une nette amélioration de la qualité de son portefeuille. En effet, la banque a pu récupérer une partie des montants auparavant mis de côté pour couvrir d’éventuels défauts de paiement. Au total, ces reprises de provisions, estimées à 36 milliards de nairas, ont fortement soutenu sa rentabilité. Son bénéfice net a atteint 125 milliards de nairas, soit près de trois fois celui du Cameroun.

Lire aussi: Tony Elumelu (UBA) installe un pôle gestion d’actifs à Abidjan pour couvrir l’UEMOA
 
Dans le même temps, la pression fiscale reste limitée dans la première économie de l’UEMOA. UBA Côte d’Ivoire a clôturé l’année avec une charge d’impôt de seulement 1,6 milliard de nairas, contre plus de 20 milliards pour la filiale camerounaise. Avec près de 2 370 milliards de nairas d’actifs et plus de 1 700 milliards de dépôts, elle constitue désormais le principal marché du groupe en Afrique francophone. 

Le Nigéria dans le rouge

Au Cameroun, le repli des performances de UBA s’accompagnent d’une zone d’ombre sur le plan managérial. Le directeur général, Jude Anele, a en effet quitté en début d’année ses fonctions après près de quatre années à la tête de la filiale, sans que les raisons de son départ ne soient officiellement précisées. À ce stade, UBA n’a pas encore officialisé la nomination d’un successeur. Toujours est-il que ce dernier aura la lourde charge de renforcer les dispositifs de gestion des risques et maintenir la position de la filiale dans un paysage bancaire de plus en plus concurrentiel. 

Lire aussi : Banques : Jude Anele quitte la tête de UBA Cameroon pour diriger Nova Bank au Nigeria

À l’échelle du groupe, le Nigeria, cœur historique de la banque, a basculé dans le rouge en 2025, passant d’un bénéfice avant impôt de 364 milliards de nairas en 2024 à une perte de 1,7 milliard en 2025. Cela a pesé sur les résultats consolidés. Au total, le bénéfice avant impôt du groupe recule de 47 %, à 423 milliards de nairas, tandis que le bénéfice net s’établit à 405 milliards, contre 767 milliards un an plus tôt.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement Premium ou EcoMembre.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Groupe UBA : comment la Côte d’Ivoire a pris le dessus sur le Cameroun en 2025
créances douteusesTony Elumeluubauba CamerounNigeriaUemoaJude AneleUBA Côte-d'Ivoire
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

BANGE Bank RCABanques et FinanceCEMAC : après le Cameroun, la Banque nationale de Guinée Equatoriale envisage son expansion en CentrafriqueUne mission technique est attendue à Bangui afin de préciser les conditions de son arrivée sur un marché où les banques ont accordé 237,3 milliards de FCFA de crédits en 2025. il y a 15 heuresBAIIBanques et FinanceInfrastructures : face au déficit de financement, le Congo se tourne vers la BAII pour ses grands projetsAprès la République démocratique du Congo (RDC), Brazzaville entend s'appuyer sur la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) pour financer six projets structurants, représentant un besoin d'investissement d'environ 1,5 milliard de dollars.il y a 15 heuresWhatsApp Image 2026-08-19 at 11.10.28Banques et FinanceChristian Din Dika, CEO ESS Group, élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mérite gabonaisPrésident du groupe financier Emrald Securities Services (ESS), Christian Din Dika a reçu cette distinction, accordée à titre exceptionnel par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de la célébration de la Fête Nationale du 17 août 2026. À travers cette distinction, c’est également l’engagement du Groupe ESS et sa contribution au développement et au financement de l’économie gabonaise (plus de 8 opérations au Gabon sur 12 réalisées en CEMAC), ainsi que des économies de la CEMAC, qui sont mises en lumière : Un positionnement d’Animateur du marché financier.il y a 1 jourSimon Tiemtoré et Benedict OramahBanques et FinanceBenedict Oramah et Simon Tiemtoré structurent 1 milliard $ pour accompagner l’ouverture du capital de Dangote RefineryL’ex-président de la Banque africaine d’Import-export et l’homme d’affaires Burkinabé ont été mandatés comme co-conseillers financiers de l’IPO de la raffinerie Dangote, évaluée à plus de 40 milliards de dollars. il y a 1 jourAfriland-First-BankBanques et FinanceRDC : Afriland First Bank Congo se rapproche du dépôt de bilan, trois ans après l'éviction de Paul Kammogne FokamLes fonds propres d’Afriland First Bank CD s’élevaient à 48,05 millions de dollars en août 2021. À fin 2025, les données de la Banque centrale du Congo font état d’un PNB négatif de 4,68 millions USD, d’une perte de 50,4 millions USD et de fonds propres négatifs de 116,9 millions USD. Ces chiffres interrogent l’efficacité du dispositif de sauvetage mis en place par la Banque centrale. Mais ils interrogent surtout la pertinence et le bien-fondé de cette intervention qui a évincé des administrateurs et des actionnaires et précipité la banque dans un cycle de contreperformances. Décryptage.il y a 2 joursPrésentation officielle de "A-Sure Cover" par une intervenante d'ACTIVA.Banques et FinanceACTIVA accélère la digitalisation de son réseau de distribution avec A-Sure CoverACTIVA Assurances Cameroun lance A-Sure Cover, la plateforme digitale qui simplifie la souscription, le suivi des commissions et la gestion pour les courtiers.il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1RDC : Afriland First Bank Congo se rapproche du dépôt de bilan, trois ans après l'éviction de Paul Kammogne Fokamil y a 2 jours2Qui sont les 5 investisseurs camerounais en passe de racheter Sosucamil y a 6 jours3Pagop Noupoué, Nkontchou, Noutchougouin… : un consortium camerounais signe un accord avec Somdia pour racheter Sosucamil y a 6 jours4Camtel, PAD, Socadel...: au Cameroun, sept d'entreprises publiques réalisent désormais un chiffre d'affaires de 100 milliards FCFAil y a 2 jours5Absence de Paul Biya, Vice-President : pourquoi les marchés internationaux s’inquiètent alors que le marché domestique reste sereinil y a 5 jours6Capital naturel : pourquoi la BAD presse le Cameroun de réviser le calcul de son PIBil y a 4 jours7Pourquoi la BAD pousse le Cameroun vers le fonds souverainil y a 5 jours8Camair-Co : nouvelles recommandations de la Chambre des comptes six ans après l’ouverture annoncée du capitalil y a 5 jours9Gabon : Accusé de malversations sur 7 milliards de FCFA, l’ex-ministre Jonathan Ignoumba s’expliqueil y a 6 jours10Intermédiation : Purpose Capital entre sur le marché financier de la CEMAC avec un capital de 317,5 millions FCFAil y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.