Réuni le 18 août 2026 à Brazzaville, le Conseil des ministres a entériné un « accord de principe pour l'adhésion de la République du Congo à la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) ». Cette décision fait suite à une mission de travail effectuée en Chine du 24 juillet au 6 août par une délégation congolaise, dans le cadre du renforcement du partenariat entre les deux pays.
Il ne s’agit toutefois pas encore d’une adhésion effective à la banque basée à Pékin. Le gouvernement congolais doit désormais poursuivre le processus requis pour intégrer cette institution multilatérale, notamment l’examen et l’approbation de la BAII, les procédures nationales de ratification et la souscription au capital de la banque (actuellement approuvé à 100 milliards de dollars). Selon les étapes du processus publiées par l’institution financière, les modalités financières qui comprennent le nombre d’actions et le montant de la souscription du Congo au capital de la BAII devront être arrêtés avant l’adhésion finale.
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La démarche s’inscrit dans la volonté de Brazzaville d’élargir ses sources de financement pour ses grands projets d’infrastructures. « Cette initiative vise à accélérer le partenariat bilatéral, priorisant les grands projets d’infrastructures, et à mobiliser de nouveaux mécanismes de financement suivant le mode « Investir-construire-exploiter », peut-on lire dans le compte rendu final du Conseil des ministres.
Six projets dans le portefeuille immédiat
L’intérêt de cette adhésion se mesure surtout à l’existence d’un premier portefeuille de six projets structurants représentant un besoin de financement global de près d’1,5 milliard de dollars américain (environ 850 milliards FCFA), présenté lors de la mission en Chine. Il s’agit notamment du projet de réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan, estimée à environ 595 millions de dollars, doit moderniser les 512 km reliant Brazzaville à Pointe-Noire, avec le chinois Hunan Construction Investment Group comme partenaire. Le chantier vise à restaurer un axe essentiel au transport des marchandises.
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Puis le projet de construction du Corridor 13, long de 542 km dont 465 km à bitumer dans le nord-est du pays, qui doit désenclaver la Likouala et renforcer les échanges avec la Centrafrique et le Tchad. Les travaux de la section de 465 km ont été confiés au chinois Hunan Construction et sont estimés à près de 120 milliards FCFA. Le portefeuille comprend également la construction d'une usine de transformation de la potasse en fertilisant et engrais dans la Zone Economique Spéciale de Pointe-Noire ; l’extension du Viaduc Nord, construit en 2015 par China Road and Bridge Corporation pour plus de 102 milliards FCFA ; la construction d’un centre de maintenance aéronautique à Maya-Maya grâce à un partenariat de 60 milliards FCFA avec le chinois AVIC International, ainsi que le projet de construction du nouveau Palais présidentiel, dont la Chine a accepté le financement intégral sous forme de don. Le coût et le calendrier de ce dernier restent à préciser.
Le Congo après la RDC
Le Congo devient ainsi le deuxième pays d’Afrique centrale à engager officiellement une démarche d’adhésion à la BAII, après la République démocratique du Congo. Le gouvernement de Kinshasa avait approuvé, le 26 juin 2026, une proposition d’adhésion à la BAII afin d’accéder à de nouvelles sources de financement pour ses infrastructures. Si leur démarche aboutit, les deux Congo deviendraient les premiers pays d’Afrique Centrale à adhérer à cette institution dont la liste officielle, mise à jour en mai 2026, recense 111 membres dont six pays africains : Nigeria, Kenya, Ghana, Côte d’Ivoire, Rwanda et Afrique du Sud.
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Pour Brazzaville, l’enjeu est de transformer l’accord de principe obtenu en Chine en un accès effectif aux ressources de la BAII. Cette banque multilatérale finance les infrastructures africaines via un portefeuille ciblé duquel ont été mobilisés 200 millions de dollars pour les infrastructures routières rurales en Côte d’Ivoire, 100 millions pour le financement des entreprises au Rwanda et, plus récemment, 500 millions de dollars pour le programme de services de transport métropolitain en Afrique du Sud. En Égypte, son portefeuille couvre l’énergie solaire, le transport, l’eau et les infrastructures numériques, avec notamment 250 millions d’euros pour la ligne de métro Alexandria–Abou Qir approuvés en 2026.
L'adhésion définitive du Congo à cette institution financière lui permettrait de réduire le déficit de financement de son Plan national de développement (PND) 2022-2026, estimé à 6 491,59 milliards de FCFA, soit 72,43 % de son coût total.








