Le Fonds monétaire international (FMI), dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques en Afrique subsaharienne, anticipe un retour à la croissance pour la Guinée équatoriale dès 2026, après plusieurs années de récession liées au déclin naturel des champs pétroliers et au départ progressif des opérateurs étrangers. L’institution de Bretton Woods a relevé ses prévisions pour l’économie de Malabo. Le PIB devrait croître de 0,5 % en 2026, contre une croissance nulle (0 %) annoncée dans ses projections d’avril. Une amélioration certes modeste, mais qui marque un signal de stabilisation attendu pour une économie en quête de relance.
Les données du FMI confirment la forte volatilité de l’économie équato-guinéenne, éprouvée par une décennie de crise. Le pays a affiché une contraction moyenne de -2,7 % du PIB entre 2011 et 2019, avant de connaître de brèves reprises en 2021 (+0,9 %). Cette embellie a été de courte durée puisque la croissance est retombée à -5,1 % en 2023, avant un léger sursaut à +0,9 % en 2024. Pour 2025, le FMI table à nouveau sur un recul de -1,6 %, illustrant la difficulté de Malabo à enclencher une dynamique durable de croissance.
Cette légère embellie peut être justifiée par de récents développements majeurs dans le secteur pétro-gazier et une rigueur budgétaire renforcée. Sur le front énergétique, plusieurs avancées prometteuses ont été enregistrées. Le 12 septembre dernier, la société américaine Chevron a obtenu l’autorisation de transporter le gaz naturel extrait du Bloc I, offshore, vers le terminal de Punta Europa. Cet accord ouvre la voie à une intensification de la transformation locale du gaz en GNL, GPL et condensats, avec une capacité de 3,7 millions de tonnes par an, soutenant l'industrialisation et la création d'emplois. De plus, ConocoPhillips, une autre société cotée à New York, a signé un accord avec Malabo pour l'exploitation des blocs offshore EG-27 et B4, signalant un regain d'intérêt pour l'exploration et l'exploitation pétrolière.
Cependant, face à l’instabilité des prix du baril de pétrole sur le marché international (qui génère historiquement plus de 80% des recettes totales du pays), la Guinée Équatoriale ne mise pas uniquement sur l'or noir. Elle s'engage dans un assainissement des finances publiques. Le gouvernement se concentre sur la réduction du train de vie de l'État. La preuve, en 2024, les dépenses budgétaires ont été réduites de 15 milliards FCFA pour s'établir à 1 429,5 milliards FCFA. Parallèlement, la privatisation de certaines infrastructures portuaires et aéroportuaires pourrait également générer des recettes additionnelles, aidant ainsi la Guinée Équatoriale à atteindre les objectifs de stabilité économiques fixés par le FMI.
Lire aussi : https://ecomatin.net/guinee-equatoriale-une-note-bbb-de-bloomfield-malgre-les-defis-securitaires-et-budgetaires



