Au Gabon, la filière caoutchouc (obtenu à partir de l’hévéa) a connu des contre-performances inquiétantes au 1er trimestre 2024 si l’on analyse les récentes données publiées par le ministère gabonais chargé de l’Economie. D’après la note de conjoncture de ce ministère, le pays enregistre des exportations d’une valeur nulle au cours de la période sous revue. Également, zéro tonne de caoutchouc usiné produite au 1er trimestre 2024, soit une chute de 100%, en glissement annuel.
Cette performance a eu un effet sur le chiffre d’affaires du secteur. En effet, le pays enregistre un chiffre de 462 millions de Fcfa au premier trimestre 2024 contre 3,9 milliards de Fcfa au cours de la même période en 2023, soit une reculade de 88,2%. Toujours en termes d’indicateurs déclinants, les effectifs de la filière sont passés de 760 au 1er trimestre 2023 à 712 une année plus loin, soit une baisse de 6,3%. Cette situation a également eu un impact sur la masse salariale du secteur qui a reculé de 4,2 milliards de Fcfa à fin mars 2023 à 1,3 milliard de Fcfa à fin mars 2024, soit une baisse de 67,5%.
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Pourtant, ce n’est pas la production de caoutchouc humide qui a manqué. En effet, le Gabon enregistre une augmentation de 12,5%, passant de 7 553 tonnes au premier trimestre 2023 à 8500 tonnes en 2024. « Cette performance demeure liée au très bon rendement des plantations de Olam Rubber Gabon (ORG), car dans le même temps Agro Business Group (ABG) est toujours en proie aux revendications de ses salariés », commente le ministère de l’économie.
Tensions sociales chez ABG
Si l’on s’en tient donc au ministère chargé de l’Economie, ce sont les dysfonctionnements de la société belge ABG, anciennement appelée Siat Gabon, qui sont à l’origine des contre-performances de la filière hévéa au Gabon. Ce qui ne serait pas dénué de tout fondement. Car, du fait des grèves à répétition dans cette entreprise, l’État gabonais a été obligé d’injecter des capitaux pour un sauvetage. Dans ce sens, le ministère gabonais de l’Économie a annoncé le 12 juillet dernier que l’État a acquis 35% des actions du capital social d’ABG.
Selon un accord signé entre les parties, l’État a acquis 2 590 000 actions pour un montant d’environ 4 milliards de Fcfa. Cette acquisition permet à l’État de désigner deux administrateurs au conseil d’administration de la société et ainsi de participer à la gouvernance de celle-ci, indique le communiqué du ministère de l’Économie. « L’acquisition par l’État de plus d’un tiers du capital social de la société ABG est une opération qui participe à la mise en œuvre d’une meilleure gouvernance économique au profit de la population. Elle permet de renforcer le processus de création de richesse dans le pays et de préserver de nombreux emplois », affirme une note du ministère de l’Économie.
Elle précise qu’en contrepartie, la société ABG s’engage à : maintenir et moderniser son outil de production à l’intérieur du pays ; préserver environ 800 emplois directs sur les quatre sites (Bitam/Mitzic/Nsilé/Kango ; apurer les arriérés de salaires et améliorer les conditions de travail des employés. Sans oublier l’accroissement de la production.
Sauvetage de la filière hévéa
Grâce à l’entrée des capitaux de l’État dans le capital d’ABG, cette société pourrait peut-être retrouver le chemin de la croissance car, cela fait plusieurs années qu’elle vivote. Courant 2021-2022, par exemple, cette entreprise a arrêté ses activités durant plusieurs mois en raison des grèves répétitives de son personnel et des restrictions sanitaires pour lutter contre la pandémie du Covid-19. Ce qui a impacté ses performances. L’entreprise ne parvenait plus à tirer profit de ses activités (secteur de l’huile, hévéa et élevage), et ses pertes cumulées avaient réduit ses capitaux propres, qui représentaient alors moins de 50% du capital social.
Pis, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) a radié le 17 février 2023, la société, de sa cote officielle. De ce fait, les 201 395 actions de la filiale du groupe belge Siat, inscrites sur son compartiment Actions ont été supprimées de la cote de la Bvmac, suite à une injonction de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Le gendarme du marché financier avait alors épinglé la filiale belge d’avoir violé le règlement boursier.








