Au cours de l’exercice budgétaire 2024, le Cameroun a mobilisé 15 milliards de FCFA au titre de l’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP). Ce chiffre a été communiqué le 4 avril dernier à l’Assemblée nationale par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, au cours d'une séance plénière consacrée aux questions orales. À l’analyse, cette performance représente un taux de recouvrement de 60 % par rapport aux 25 milliards de FCFA ciblés par la Direction Générale des Impôts (DGI).
À fin octobre 2024, l’administration fiscale avait déjà collecté 10,5 milliards de FCFA au titre de cet impôt. Cela signifie que 4,5 milliards de FCFA ont été mobilisés durant les seuls mois de novembre et décembre. Cette accélération pourrait s’expliquer par la pression accrue exercée sur les contribuables à l’approche de la date butoir de déclaration. En effet, tout retard de paiement entraîne une pénalité de 10% du montant dû. Il convient de rappeler que les contribuables n’ayant pas encore déclaré et payé leur IRPP avaient déjà bénéficié de deux reports de délai, au 30 juin puis au 30 septembre. L’échéance finale, initialement fixée au 1er décembre 2024, a finalement été repoussée de sept jours. Le ministre des Finances avait alors justifié cette mesure par la nécessité de permettre aux usagers en difficulté d’accéder à la plateforme numérique, fortement sollicitée en raison d’un « afflux simultané de plusieurs dizaines de milliers de connexions ».
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Toujours selon Louis Paul Motaze, à ce jour, environ deux millions de contribuables non professionnels ont souscrit à leurs déclarations. Par ailleurs, la plateforme numérique dédiée à l’IRPP enregistre en moyenne 425 000 déclarations par mois. Ces tendances laissent entrevoir une amélioration attendue des recettes issues de cet impôt en 2025, dans un contexte où le Cameroun projette 4 410,7 milliards de FCFA de recettes fiscales, soit une hausse de 412 milliards (+10,3 %) par rapport aux 3 998,7 milliards de FCFA réalisés en 2024. Ce qui fait dire au ministre : « Nous pouvons toujours nous améliorer. »
L’IRPP concerne notamment les personnes percevant des revenus issus de traitements et salaires (secteurs public et privé), de pensions, de rentes viagères, ainsi que de revenus financiers, fonciers ou d’activités diverses (notamment agropastorales). Sont également concernés les Camerounais exerçant des activités intellectuelles (consultations, etc.) ou percevant des revenus de source étrangère.
Pour mémoire, l’IRPP n’est pas une nouveauté dans le paysage fiscal camerounais. Il y figure depuis 1973, mais a été suspendu en 2004. Cette disposition fiscale a officiellement refait surface en 2024, soit 20 ans plus tard, dans un contexte de besoin accru d’élargissement de l’assiette fiscale face à la pression budgétaire croissante. Bien avant cela, l’IRPP avait été réintroduit dans le Code général des impôts via la loi de finances 2021, mais n’était pas encore appliqué jusqu’en décembre 2023.
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