Au Cameroun, la société panafricaine ARISE IIP aurait engagé des discussions avec le gouvernement pour la reprise de la Cotonnière Industrielle du Cameroun (Cicam), a appris EcoMatin de bonnes sources. Selon nos informations, cela ferait environ 3 mois que ce développeur industriel, qui opère à travers l'Afrique, tente de convaincre l’État camerounais en vue de la cession de ses actifs. Joints par EcoMatin, les deux entités ont confirmé que des négociations étaient en cours, sans toutefois indiquer si elles étaient sur le point d'aboutir. « Ils sont venus fin décembre 2024, et depuis lors, les discussions se poursuivent. Je ne peux pas vous donner plus d'informations à ce stade », confie une source autorisée à CICAM. « Ils disent qu'ils vont braver tous les obstacles possibles ».
Selon nos informations, le groupe spécialisé dans la conception, le financement, le développement et l’exploitation des écosystèmes industriels sur le continent africain, envisagerait un processus de redressement de la société, assorti d'un investissement de plus 120 milliards de Fcfa (200 millions USD). Ce plan de relance inclut principalement la modernisation des outils de production de Cicam et la création de milliers d'emplois. « On aura toujours besoin de vêtements, de draps pour les hôpitaux et d'uniformes scolaires. Un Cameroun qui ne transforme pas son coton localement court à sa perte », affirme une source proche du dossier.
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CICAM est contrôlé à 75% par la Société nationale d'investissement (SNI) et à 25 % par l'État. Selon nos informations, Yaoundé ne souhaite pas se retirer totalement du tour de table, mais céder une part majoritaire à un repreneur tout en gardant une majorité de blocage. Ce choix traduit la volonté du gouvernement de garder un œil sur l’unique unité industrielle opérant dans le textile dans la zone Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad).
Cicam en faillite
La reprise annoncée serait une aubaine pour Cicam qui, depuis 5 ans, ne file pas du bon coton. Selon le rapport 2022 de la Commission technique de réhabilitation des entreprises et établissements publics (CTR), sur la situation de ces entités publiques, les capitaux propres de l’entreprise affichaient -16,3 milliards de Fcfa, inférieurs à la moitié du capital social (1,5 milliard). Cicam, selon le rapport, a clôturé l’année 2022 avec un résultat net négatif de -3,2 milliards de Fcfa et des dettes de plus de 31 milliards de Fcfa. De plus, la vétusté de son outil de production et l’arrêt de ses usines ont contraint la société à importer 2 millions de mètres de pagne du 8 mars de l’Inde pour couvrir la demande camerounaise de l’édition 2024 de la Journée internationale de la femme.
Des investissements annoncés
Néanmoins, en dehors de l’accord de cession d’actifs que l’Etat envisage de conclure avec Arise, des stratégies avaient déjà été mises sur pied par le ministre par intérim des Mines, de l’industrie et du Développement Technologique (Minmidt) Fuh Calistus Gentry pour relever la Cicam. Il s’agit d’un investissement de 70,25 milliards de Fcfa sur la période 2025-2030 consistant à renforcer les capacités de transformation de fibre de coton en tissu. Ce financement, issu des prêts bancaires, devrait permettre d’atteindre une capacité de production annuelle de 5 106 tonnes de coton transformé, contre environ 1 500 tonnes actuellement, soit environ 5% de la production nationale de coton.
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Il prévoit également de rénover dans l’intégralité son outil de production. D’après une source bien introduite, il sera question d’acquérir de nouvelles machines, réparer celles qui peuvent l’être et mettre sur pied diverses stratégies pour entrer en adéquation avec la modernité qui oblige un changement. Au fil des années, l’on devrait abandonner le business model de 1965 qui reposait essentiellement sur la production du pagne générique pour les tenues scolaires, les uniformes des forces de maintien de l’ordre, et des pagnes à thème tels que le 8 mars et ceux des entreprises entre autres.



